Littérature : une tendance coupable, le plagiat

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 07/08/2013 à 12H22
De nombreux écrivains ont été convaincus de plagiat © France 2 / Culturebox

Syndrome de l’écrivain pressé ou facilité offerte par internet, le plagiat est une pratique littéraire qui tend à se développer. Si ce n’est pas un phénomène nouveau, il est en tous cas de plus en plus médiatisé et les moyens informatiques permettent de repérer plus facilement les fautifs. Comme l’essayiste Alain Minc reconnu coupable de plagiat et condamné en juillet dernier.

Reportage: J. Beckrich, V.Vermot-Gaud, F.Mazoyer, B.Bonnarme et C.Ferron
Le plagiat est cette utilisation par un auteur de parties plus ou moins importantes d’une œuvre littéraire, création ou travail de recherche, sans faire référence à l’auteur ou à l’ouvrage plagié. Si la preuve est faite, les sanctions pénales tombent…
 
Alain Minc, condamné pour plagiat en juillet © France 2 / Culturebox
Dernier condamné en date : Alain Minc, le conseiller politique, économiste, essayiste et chef d’entreprise proche de Nicolas Sarkozy. Pour avoir contrefait 47 passages de "’L'Homme aux deux visages. Jean Moulin, René Bousquet, itinéraires croisés" (Grasset), il a été condamné le 2 juillet à verser 5.000 euros à Pascale Froment, l’auteure de cet ouvrage et à 6.000 euros pour frais de justice.
Sur les 308 emprunts dénombrés par Pascale Froment, le tribunal n’en a finalement retenu que 47.
Des plagiats ont conduit leurs auteurs à démissionner de fonctions importantes © France 2 / Culturebox

Pour sa défense, Alain Minc s’est contenté d’expliquer : "Je n'ai qu'un regret, celui de n'avoir pas souligné plus clairement dans ma bibliographie l'importance du livre de Mme Froment". Et en forme de bouquet d’excuse, cet hommage : C'est qu'aujourd'hui on est obligé de passer par elle, seule biographe pour évoquer la vie de Bousquet".
Pour l’essayiste, cette condamnation n’était pas la première, déjà en 2001, il avait été condamné pour plagiat et contrefaçon après avoir repris dans "Spinoza, un roman juif" des passages d'une thèse du philosophe Patrick Brödel "Spinoza, le masque de la Sagesse".
Mais avant lui et la liste est loin d’être exhaustive, Thierry Ardisson, Henri Troyat ou PPDA et sa biographie d’Hemingway avaient allègrement copié-collé les auteurs sans les nommer.


Des précédents retentissants

Karl-Theodor zu Guttenberg © GEORGES GOBET / AFP

En 2011 Le ministre allemand de la Défense, Karl-Theodor zu Guttenberg, 39 ans, star du gouvernement d'Angela Merkel, annonce sa démission après des accusations de plagiat dans sa thèse de docteur en Droit.
 

Ministre allemande de l'Education, Annette Schavan a dû démissionner © JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP
Plus récemment, en février 2013, c’est Annette Schavan, la ministre de l’Education de la même chancelière décidemment peu chanceuse qui doit démissionner pour les mêmes raisons. Annette Schavan s’est vu retirer son doctorat acquis en 1980. La commission de l’Université de Düsseldorf ayant estimé que la ministre s’était livrée "systématiquement et intentionnellement" au plagiat dans des passages entiers de sa thèse.
 
L'ex-Grand Rabbin de France, Gilles Benrheim © JEFF PACHOUD / AFP
Enfin, en France, en avril 2013, le Grand Rabbin, Gilles Bernheim est contraint à la démission pour avoir non seulement menti sur son CV mais pour avoir lui aussi plagié plusieurs auteurs dont l’académicien Pierre Emmanuel à qui il a emprunté des paragraphes entiers pour décrire la vie de son père sous l’Occupation.
Mais à la suite d’une autre affaire de plagiat, un travail de recherche confié à un étudiant qui l’aurait, dit-il, abusé, Gilles Bernheim a dû présenter des excuses à l‘épouse du philosophe Jean-François Lyotard et retirer son ouvrage des librairies.