"Je clique donc je suis" : que cache notre manie de tout filmer ?

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 02/01/2016 à 17H40
Des regards qui scrutent le viseur du téléphone portable et si peu qui observent vraiment ce qui se passe...

Des regards qui scrutent le viseur du téléphone portable et si peu qui observent vraiment ce qui se passe...

© France 2 Culturebox (capture vidéo)

Concerts, visites au musée, séances de cinéma avec des stars et même repas au restaurant : tous ces moments sont désormais immortalisés soit en photo soit en vidéo. Un phénomène qui s’est largement accentué avec les téléphones portables et la mode des selfies. Que cache cette manie de vouloir tout filmer à longueur de temps ? Peut-être le besoin de se rassurer.

Nous avons tous été témoins mais aussi parfois acteurs de ce genre de scène, celle où face à un événement un tant soit peu exceptionnel, on voit une armée de portables et de tablettes se lever pour immortaliser le moment. Ceux qui se contentent de savourer avec les yeux se comptent parfois sur les doigts d'une main. Faut-il s'inquiéter de ce besoin presque viscéral de garder en mémoire chaque parcelle de nos vies, y compris les plus anodines ? Réponse avec le psychiatre Serge Tisseron.

Reportage : C. Rougerie / B. Bonte / B. Lucas / Y. Ruillière / C. Chevalier 
Si l’on peut comprendre le besoin d’immortaliser une visite, une rencontre qui nous bouleverse, on a plus de mal à comprendre cette manie du selfie à tout va. A ceux qui en sont amateurs, le site Mashable.fr relayé par 20 minutes rappelle, chiffres à l’appui, que cette mode a fait plus de morts en 2015 que les attaques de requins. Douze personnes sont mortes en tentant de prendre une photo d'elles-mêmes, contre huit nageurs.
 
On peut aussi s’interroger et déplorer ce besoin de photographier les plats dans les restaurants. Une mode qui agace les chefs cuisiniers. Sur leur carte, certains indiquent avec l’icône d’un appareil photo barré qu’ils ne veulent plus voir leurs créations immortalisées puis diffusées sur les réseaux sociaux.