Tilda Swinton s'empare avec mille précautions de la garde-robe de Galliera

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 28/09/2012 à 10H06
  • Tournure "queue d'écrevisse", v. 1880. Toile de lin, baleines en bois. Collection Galliera
  • Couverture d’automobiliste Les Tailleurs Scandinaves, v.1901. Lainage et attaches métalliques. Collection Galliera
  • Robe de jour Dior par Marc Bohan, P/E 1972. Gaze synthétique. Collection Galliera
  • Eventail en plumes d’aigle, 1905-1915. Collection Galliera
  • "The impossible wardrobe" (la garde-robe impossible)
Précédent Suivant
Précédent Suivant
  • Tournure "queue d'écrevisse", v. 1880. Toile de lin, baleines en bois. Collection Galliera
    © Katerina Jebb, 2012
  • Couverture d’automobiliste Les Tailleurs Scandinaves, v.1901. Lainage et attaches métalliques. Collection Galliera
    Normal 0 21 false false false © Katerina Jebb, 2012
  • Robe de jour Dior par Marc Bohan, P/E 1972. Gaze synthétique. Collection Galliera
    © Katerina Jebb, 2012
  • Eventail en plumes d’aigle, 1905-1915. Collection Galliera
    © Katerina Jebb, 2012
  • "The impossible wardrobe" (la garde-robe impossible)
    "The impossible wardrobe" (la garde-robe impossible) © Katerina Jebb, 2012

Dans le cadre du festival d’Automne à Paris, Olivier Saillard, directeur du musée Galliera, a demandé à l’actrice Tilda Swinton de présenter « The Impossible Wardrobe », une performance autour des riches et incroyables collections du musée, manipulées avec prudence. Lors de ce spectacle, Tilda Swinton présente des modèles de toutes les époques avec des gestes "qui font d'un vêtement ordinaire une relique".

Dans les réserves de Galliera, comme dans celles de tous les musées de mode, des siècles de garde-robe patientent sur des cintres, en rangs serrés ou délicatement posés dans les tiroirs de rangement (plus de 80 000 vêtements et accessoires). Ces pièces sont à la fois le reflet et les jalons des codes de l'habillement et des habitudes vestimentaires en France du XVIIIe siècle à nos jours. Ils portent en eux les souvenirs de ceux qui les ont portés. Sous la mousseline ou le crêpe, sous le motif peint ou imprimé, le corps s’est dissous.

Il est impossible de porter à nouveau les costumes collectionnés par les musées. Les règles de conservation l’interdisent. Cette contrainte préserve l’état des textiles fragiles et met à l’abri de toute tentation de déguisement, car les corps ont changé de décennie en décennie.

Dans les coulisses du musée Galliera

Pour manipuler le vêtement endormi, le conservateur et le restaurateur font oeuvre de préciosité. Leurs mains, gainées de gants de coton blanc, effleurent le tissu. Avec précautions, elles se saisissent d’une manche ou d’une bretelle selon un vocabulaire inusité et maniéré qui leur est propre. À l’abri de la lumière pourtant, certains dessins tracés sur la fibre disparaissent. Sans cette vigilance, les vêtements si convoités et malmenés disparaîtraient vite.

La muse du créateur Haider Ackerman manipule ses reliques sans les enfiler
Tilda Swinton a appris ces gestes qui font d’un vêtement ordinaire une relique. Elle en a inventé d’autres, chastes ou romanesques. À bout de bras mais jamais portés, les vêtements de toutes époques qu’elle présente -avec une science achevée de la retenue- constituent un défilé troublant. Dans ses bras, les robes de clientes célèbres, belles endormies aux manches pétales soupirent à nouveau à la faveur d’un défilé de tous les siècles.

En parallèle, cette performance fait l’objet d’un film intitulé « The Future Will Last a Very Long Time », réalisé par l’artiste Katerina Jebb projeté en boucle, aux mêmes dates, en accès libre.
« The Impossible Wardrobe ». Performance les 29 septembre à 20h30, les 30 septembre et 1er octobre à 20h. Le Palais de Tokyo. 13, avenue du Président Wilson. 75 116 Paris.