Paco Rabanne et l’Opéra : vente aux enchères de costumes

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 13/12/2011 à 13H35
  • 300 robes, accessoires et bijoux sont vendus fin janvier à Paris
  • Circa 1980 Robe sans manches composée de "grains de café" métalliques argentés et d’une jupe en plumes de cygne lustrées bayadère
  • Circa 1980 Robe longue en velours grenat recouverte de plaques en aluminium rouge et plastique doré
  • Collier-plastron composé de pastilles en métal doré martelé retenues par des anneaux
  • Robe tablier, bavette et bretelles sur dos nu composées de pastilles métalliques argent rehaussées de grelots en plastique
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  • 300 robes, accessoires et bijoux sont vendus fin janvier à Paris
    300 robes, accessoires et bijoux sont vendus fin janvier à Paris © Paco Rabanne
  • Circa 1980 Robe sans manches composée de "grains de café" métalliques argentés et d’une jupe en plumes de cygne lustrées bayadère
    Circa 1980 Robe sans manches composée de "grains de café" métalliques argentés et d’une jupe en plumes de cygne lustrées bayadère © Paco Rabanne
  • Circa 1980 Robe longue en velours grenat recouverte de plaques en aluminium rouge et plastique doré
    Circa 1980 Robe longue en velours grenat recouverte de plaques en aluminium rouge et plastique doré © Paco Rabanne
  • Collier-plastron composé de pastilles en métal doré martelé retenues par des anneaux
    Collier-plastron composé de pastilles en métal doré martelé retenues par des anneaux © Paco Rabanne
  • Robe tablier, bavette et bretelles sur dos nu composées de pastilles métalliques argent rehaussées de grelots en plastique
    Robe tablier, bavette et bretelles sur dos nu composées de pastilles métalliques argent rehaussées de grelots en plastique © Paco Rabanne

Les créations réalisées par Paco Rabanne pour l’Opéra sont méconnues. Une vente de 300 robes, accessoires et bijoux griffés se tient le 30 janvier à 14H à Paris. Rassemblées entre 1979 et 2009 par Jorge Zulueta et Jacobo Romano protagonistes du Grupo Accion Instrumental, ces pièces sont à l'origine des modèles de défilé qui ont servi de costumes et de support de création à cette compagnie née du désir de renouveler le langage traditionnel de l’Opéra.

« La rencontre à Paris avec l’oeuvre de Paco Rabanne fut l’un des aboutissements de ce désir » racontent-ils, avant d’ajouter : « Les robes-sculptures, au service des héros et des héroïnes de nos Opéras, nous permirent de porter plus haut le geste dramatique de la musique. » Ces « objets de mode » ont voyagé sur les scènes du monde entier comme « acteurs » à part entière des mises en scène imaginées par la compagnie. Ils illustrent la force transgressive, poétique et prospective d’un styliste qui plus qu’aucun autre a utilisé le vêtement comme moyen d’expression plastique.

Pour les experts de la maison de ventes, "ces créations de Paco  Rabanne illustrent la force transgressive, poétique et prospective d'un styliste hors norme, qui plus qu'aucun autre a utilisé le vêtement comme moyen d'expression plastique". "Cette vente permet de retracer une double rétrospective, celle de 40 années de création haute couture, associée à 30 années de création lyrique", souligne encore Artcurial.

Quand le monde architectural de Rabanne rencontre l’Opéra
« Pouvez-vous me dire avant toute chose pourquoi mon travail vous intéresse pour vos Opéras ? » a demandé Paco Rabanne à Jorge Zulueta et Jacobo Romano lors de leur premier entretien. « Parce qu’il est à la fois personnage et scénographie », lui avons-nous répondu. Nous étions en 1979. À cette époque nous travaillions comme artistes en résidence en Allemagne, à la Fondation Hans Arp à Rolandseck. Ainsi qu’au Théâtre Municipal de Francfort. Le Grupo Acción Instrumental, groupe que nous avons créé en Argentine, en 1968, est né du désir de renouveler le langage traditionnel de l’Opéra.

Ses costumes allaient apporter une nouvelle dimension à notre travail. La « haute couture », transformée sur scène en « haute culture ». Les robes-sculptures, au service des héros et héroïnes de nos Opéras, nous permettraient de porter encore plus haut le geste dramatique de la musique. Pierres, métaux, plastiques, aluminiums : les matériaux industriels avec lesquels Paco construisait ces « inconfortables » vêtements sont devenus source d’inspiration pour la création de nos Opéras, toujours en corrélation directe avec le monde des Arts Plastiques. Ces spectacles voyagèrent dans nombreux festivals et Opéras d’Europe et d’Amérique. « Fa Fa Fashion », présenté au Festival Herrenhausen, en Allemagne, en 2009, était un hommage à l’invention de Paco Rabanne.

Robe à col corole, Paco Rabanne, printemps-été 2012

Robe à col corole, Paco Rabanne, printemps-été 2012

© AFP. F. Guillot

Le Revival de la Maison Paco Rabanne
En 1966, la Maison Paco Rabanne voit le jour lors de la présentation de sa première collection, intitulée “12 robes expérimentales en matériaux contemporains” et donne vie à un style visionnaire et anti-conventionnel. A cette époque, ses vêtements sont l’expression d’une époque aussi créative que prolifique. Même si son utilisation de matériaux inattendus est perçue par beaucoup comme iconoclaste. En effet, ses détournements peu orthodoxes et ses techniques d’assemblages s’affirment dans la lignée expérimentale du Nouveau Réalisme.

Il fait partie d'une génération d’artistes ayant détourné la réalité au moyen d’objets trouvés et exploités comme éléments précurseurs de leur art. Fondateur de sa marque, d’année en année, il surprend les visionnaires et les avant-gardistes par ses innovations dans tous les domaines de la mode et de l’art. Il intègre l’architecture dans ses créations, libérant ainsi la femme de son image fragile tout en lui permettant de prendre de l’assurance et de se sentir indestructible. Le corps de la femme devient une sculpture reflétant une sensualité et un charme nouveaux. Les matériaux insolites mis en avant tels que le métal, les matières plastiques et le papier, repoussent les frontières de l’imagination.

Les robes érotiques de Paco Rabanne

Le couturier espagnol arrête les défilés en 2000 après 30 ans de mode. Après plusieurs tentatives infructueuses pour trouver un styliste correspondant à ce que la maison voulait proposer en prêt-à-porter, l'activité mode était en sommeil depuis 2006. De retour sur les podiums en octobre 2011 sous la houlette de l’Indien Manish Arora, la marque est revenue défiler à Paris et a présenté son printemps-été 2012.

Final du défilé Paco Rabanne, printemps-été 2012, Paris

Final du défilé Paco Rabanne, printemps-été 2012, Paris

© AFP. F. Guillot

Vente à l’Hôtel Drouot. 9, Rue Drouot. 75009 Paris. Vente maison Artcurial Briest-Poulain-F.Tajan.