Odon tresse l'éternité dans des tourbillons colorés au monastère de Brou

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 29/10/2012 à 15H52
  • Odon. Orient–Occident, kraft peint et tressé, 1996-97 (à droite)
  • Odon, en décembre 2001
  • Odon. Only, détail, 2001
  • Odon tressant : « Le temps qu'on prend à tresser est plus important que le résultat ».
  • Odon. Once more, 1998-2000 collection Odon
  • Odon, Patak vit le Parthénon, 1996, Métissage avec Pierre Soulages
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  • Odon. Orient–Occident, kraft peint et tressé, 1996-97 (à droite)
    Odon. Orient–Occident, kraft peint et tressé, 1996-97 (à droite) © DR
  • Odon, en décembre 2001
    Odon, en décembre 2001 © Adam Rzepka
  • Odon. Only, détail, 2001
    Odon. Only, détail, 2001 © DR
  • Odon tressant : « Le temps qu'on prend à tresser est plus important que le résultat ».
    Odon tressant : « Le temps qu'on prend à tresser est plus important que le résultat ». © DR
  • Odon. Once more, 1998-2000 collection Odon
    Odon. Once more, 1998-2000 collection Odon © C. Houdoin
  • Odon, Patak vit le Parthénon, 1996, Métissage avec Pierre Soulages
    Odon, Patak vit le Parthénon, 1996, Métissage avec Pierre Soulages © Collextion Musée de Lodève

Les tressages tournoyants et flamboyants d’Odon entrent en symbiose avec les voûtes, les nervures et les vitraux de l’architecture médiévale du monastère royal de Brou où se tient l’expositon « Odon, tressages d'éternité ».

C’est dans les années 70 qu’Odon découvre la technique du tressage. Inspiré par l’ésotérisme des chiffres et le mouvement de la spirale, il tresse à partir de papiers peints déclinés en trois couleurs primaires (rouge, bleu, jaune) et donne naissance à des oeuvres polychromes. Les peintures tressées sont au carrefour de la peinture, de la sculpture, du textile voire des compositions vitrées.

Dans la nef de l'église, la présence spatiale et colorée, la monumentalité de ses oeuvres résonnent avec l'architecture et les roses gothiques. Les salles capitulaires accueillent la série des « Métissages » réalisée de 1984 à 1996. Dans le passage du verger, ses dessins prennent la forme de fils entrecroisés, tracés au crayon ou au stylo à bille. On peut y lire ses pensées ou des citations littéraires. A découvrir aussi les canivets, rarement exposés, inspirés des images pieuses ajourées. Ils sont peints dans des dégradés subtils de couleurs chaudes et sont le fruit de calculs mathématiques.

Odon interprète en découpant et tressant des feuilles peintes spécialement pour lui, transformant la matière première en une autre matière. Tressages, dessins ou canivets, résultent d'une discipline monastique et ascétique : le tressage suit son propre cheminement et devient pratique spirituelle, comme on égrène un chapelet ; le dessin est un objet de méditation et de concentration. Odon collabore avec des artistes tels Pierre Alechinski, Jean Messagier, Arman, Jean Bazaine, Alfred Manessier, François Morellet, Pierre Soulages, Zao Wou Ki...

Quand Guy Houdouin devient Odon
En 1997, comme l’écriture de son nom était souvent écorchée, Guy Houdouin découvre Odon, abbé de Cluny, ainsi que la rivière normande l'Odon. Désormais, il sera Odon. Cela déroute parfois les visiteurs de ses expositions qui se demandent si Odon ne copie pas Houdouin, avant de s'apercevoir qu'il s'agit du même artiste.

Exposition "Odon, tressages d'éternité", jusqu'au 24 février 2013. Monastère Royal de Brou. 63, Boulevard de Brou. 01000 Bourg-en-Bresse. Ouvert de 9h à 12h et de 14h à 17h. www.brou.monuments-nationaux.fr