Monsieur K. habille le mythe Lagerfeld

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 05/10/2011 à 14H49
Karl Lagerfeld

Karl Lagerfeld

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Karl Lagerfeld a présenté le 4 octobre 2011 au Grand Palais à Paris la nouvelle collection de la maison Chanel, dans le cadre de la Fashion Week de prêt-à-porter printemps-été 2012, une manifestation parisienne qui s'achève le 5 octobre.

Comment créer un mythe ?
Chez Chanel, trente ans après la disparition de Coco, Monsieur K. détient sans doute les ingrédients de la recette miracle.
Prenez une pomme-de-terre, collez-lui un col blanc aussi amidonné qu'immatriculé, une paire de lunettes noires, une cravate avec diamants et un catogan blanc, vous obtiendrez une patate "Lagerfeld".
Un exercice que vous pouvez reproduire à l'envie avec une canette de soda, un ours en peluche et même un gilet jaune fluo, vous aurez toujours ce sentiment étrange que Monsieur K. est capable d'apparaître dans tout et n'importe quoi.
Si deux oreilles rondes posées sur une tête suffisent à identifier la souris de Disney, si une simple perruque blanche mal ajustée peut faire renaître Andy Warhol ou si un gant couvert de brillants fait immédiatement penser à l'inventeur du Moonwalk, c'est que ces artistes ont su créer une identité et une symbolique capables de mythifier leur personnage.

A ce talent qui distingue les créateurs d'exception, Monsieur K. a su ajouter une pointe d'humour stylisée.
Un sens de l'humour passé lui aussi sous les fourches caudines du style Lagerfeld. Prenez une plaisanterie, dites-là avec raideur, distance et un air pincé, ajoutez-y une pointe de snobisme et d'ironie, vous obtiendrez un trait d'humour signé Monsieur K. .

Au Grand Palais, à un journaliste qui lui demandait pourquoi le défilé Chanel ne proposait cette année que trois robes longues de soirée, le créateur a répondu "trois, ça suffit. Pour les tapis rouges, je peux vous donner des adresses !!". Cynique, snob et méchant, c'est aussi ça la griffe Lagerfeld.