« L’étoffe de la modernité » : l’odyssée du costume de scène au Palais Garnier

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 08/07/2012 à 15H48
  • Affiche de l'exposition, maquette de costume de Kenzo Takada (1999) et tutu de Christian Lacroix (1987)
  • Joseph Porphyre Pinchon, maquette de costume pour Méphistophélès dans Faust (opéra de Charles Gounod), 1908
  • Fédor Fédorovski, manteau pour La Khovantchina (opéra de Modeste Moussorgski), 1913
  • Paul Colin, maquette de costume pour le cor dans L’Orchestre en liberté (ballet de Serge Lifar), 1931
  • Roger Chapelain-Midy, maquette de costume de Papageno dans La Flûte enchantée (opéra de Mozart), 1954
  • Costume de la bergère dans Daphnis et Chloé (ballet de Skibine), d’après les maquettes de Chagall, 1958
  • Costume de Phoebus dans Notre Dame de Paris (ballet de de Roland Petit), d’après les maquettes d'YSLaurent 1965
  • Costume de Turandot (opéra de Giacomo Puccini) d'après les maquettes de Jacques Dupont, 1968
  • Christian Lacroix, maquette de costume pour danseuse dans Les Anges ternis (ballet de Karole Armitage), 1987
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  • Affiche de l'exposition, maquette de costume de Kenzo Takada (1999) et tutu de Christian Lacroix (1987)
    Affiche de l'exposition, maquette de costume de Kenzo Takada (1999) et tutu de Christian Lacroix (1987) © OnP/ Julien Benhamou/Coll. BnF/ BmO
  • Joseph Porphyre Pinchon, maquette de costume pour Méphistophélès dans Faust (opéra de Charles Gounod), 1908
    Joseph Porphyre Pinchon, maquette de costume pour Méphistophélès dans Faust (opéra de Charles Gounod), 1908 © OnP/ Julien Benhamou/Coll. BnF/ BmO
  • Fédor Fédorovski, manteau pour La Khovantchina (opéra de Modeste Moussorgski), 1913
    Fédor Fédorovski, manteau pour La Khovantchina (opéra de Modeste Moussorgski), 1913 © OnP/ Julien Benhamou/Coll. BnF/ BmO
  • Paul Colin, maquette de costume pour le cor dans L’Orchestre en liberté (ballet de Serge Lifar), 1931
    Paul Colin, maquette de costume pour le cor dans L’Orchestre en liberté (ballet de Serge Lifar), 1931 © OnP/ Julien Benhamou/Coll. BnF/ BmO
  • Roger Chapelain-Midy, maquette de costume de Papageno dans La Flûte enchantée (opéra de Mozart), 1954
    Roger Chapelain-Midy, maquette de costume de Papageno dans La Flûte enchantée (opéra de Mozart), 1954 © OnP/ Julien Benhamou/Coll. BnF/ BmO
  • Costume de la bergère dans Daphnis et Chloé (ballet de Skibine), d’après les maquettes de Chagall, 1958
    Costume de la bergère dans Daphnis et Chloé (ballet de Skibine), d’après les maquettes de Chagall, 1958 © OnP/ Julien Benhamou/Coll. BnF/ BmO
  • Costume de Phoebus dans Notre Dame de Paris (ballet de de Roland Petit), d’après les maquettes d'YSLaurent 1965
    Costume de Phoebus dans Notre Dame de Paris (ballet de de Roland Petit), d’après les maquettes d'YSLaurent 1965 © OnP/ Julien Benhamou/Coll. BnF/ BmO
  • Costume de Turandot (opéra de Giacomo Puccini) d'après les maquettes de Jacques Dupont, 1968
    Costume de Turandot (opéra de Giacomo Puccini) d'après les maquettes de Jacques Dupont, 1968 © OnP/ Julien Benhamou/Coll. BnF/ BmO
  • Christian Lacroix, maquette de costume pour danseuse dans Les Anges ternis (ballet de Karole Armitage), 1987
    Christian Lacroix, maquette de costume pour danseuse dans Les Anges ternis (ballet de Karole Armitage), 1987 © OnP/ Julien Benhamou/Coll. BnF/ BmO

Une soixantaine de costumes de scènes et de nombreux accessoires ainsi que les croquis, gouaches, aquarelles et maquettes qui ont servi à leur création, sont exposés jusqu’au 30 septembre entre la bibliothèque et les espaces publics du Palais Garnier. Ils retracent plus d’un siècle d’histoire dans les ateliers de l’Opéra de Paris.

« Cette exposition est une histoire en creux de la maison et met en lumière le savoir-faire des ateliers de l’Opéra de Paris », explique à l’AFP Christophe Ghristi, directeur de la dramaturgie à l’Opéra de Paris et l’un des commissaires de l’exposition. Aujourd’gui dirigés par Christine Neumeister, les ateliers emploient en permanence 150 personnes. Depuis des années, ils relèvent tous les défis lancés par les créateurs.

Une histoire de plus d'un siècle

La passion pour le costume de théâtre ne date pas d’aujourd’hui. En 1878 déjà, l’Exposition universelle de Paris avait consacré quelques uns de ses espaces au costume. Puis en 1880, le critique musical Adolphe Jullien en fait l’historique dans un important ouvrage. Au XIXe siècle, les ateliers de l’Opéra de Paris sont célèbres dans toute l’Europe et déploient, autour des œuvres de Gounod, Wagner, Verdi, Massenet ou Saint-Saëns, un faste qu’aucune autre scène ne peut concurrencer. Cependant, ils gardent une conception générale conservatrice.

Mauro Pagano, maquette de costumes de la danse des furies dans Iphigénie en Tauride (opéra de Christoph Willibald Gluck), 1984

Mauro Pagano, maquette de costumes de la danse des furies dans Iphigénie en Tauride (opéra de Christoph Willibald Gluck), 1984

© OnP/ Julien Benhamou/Coll. BnF/ BmO
Un bouleversement a lieu en 1914, lorsque Jacques Rouché prend la direction de l’Opéra et décide d’en faire une scène d’avant-garde. Il réunit autour de lui les plus grands artistes de son temps pour faire de l’opéra un art total : Maurice Ravel, Stravisnky ou Francis Poulenc côté compositeurs, et Marc Chagall, Pablo Picasso ou Fernand Léger côté peintres. Il ne s’agit plus seulement de mettre en valeur le chanteur ou le danseur en l’habillant richement mais que son costume s’insère dans une vision scénographique globale : souvent, le costumier est aussi le décorateur du spectacle.

Fin des années 1960 : l'arrivée des couturiers

D’abord conçu par les peintres, les couturiers et stylistes rejoignent l’Opéra à la fin des années 1960. Le premier à travailler avec les ateliers n’est autre que le grand Yves Saint Laurent, appellé par le chorégraphe Roland Petit pour son ballet « Notre Dame de Paris ». Il conçoit notamment le costume de Phoebus qui rappelle sa robe Mondrian. « Il trouve immédiatement le mélange subtil entre histoire et modernité tout en respectant les codes du théâtre », commente Christophe Ghristi.

Kenzo Takada, maquette de costume de la reine de nuit dans La flûte enchantée 1999

Kenzo Takada, maquette de costume de la reine de nuit dans La flûte enchantée 1999

© OnP/ Julien Benhamou/Coll. BnF/ BmO

Suivront ensuite Kenzo Takada, pour « La Flûte enchantée » et Christian Lacroix. Le grand couturier prend rapidement goût à l’exercice et fait du costume de scène une part essentielle de son travail. Grâce à la virtuosité des ateliers, il hisse le costume au niveau de la haute couture. Sa dernière collaboration date de 2011, pour le ballet de Guillaume Bart « La Source ».

Exposition ouverte tous les jours de 10h à 17h
Palais Garnier, 10 rue Halévy, Paris 9