François Lesage, le doyen des brodeurs, s'est éteint

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 01/12/2011 à 13H31
  • François Lesage dans son atelier de broderies à Paris
  • Dans la maison Lesage, décembre 2004
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  • François Lesage dans son atelier de broderies à Paris
    François Lesage dans son atelier de broderies à Paris © Lydie / SIPA
  • Dans la maison Lesage, décembre 2004
    Dans la maison Lesage, décembre 2004 © JP Muller. AFP
  • Dans la maison Lesage, décembre 2004
    Dans la maison Lesage, décembre 2004 © JP Muller. AFP
  • Dans la maison Lesage, décembre 2004
    Dans la maison Lesage, décembre 2004 © JP Muller. AFP
  • Dans la maison Lesage, décembre 2004
    Dans la maison Lesage, décembre 2004 © JP Muller. AFP

Le brodeur François Lesage est décédé à l'âge de 82 ans d'une "longue maladie", dans la nuit du 3o novembre au 1er décembre dans un hôpital de Versailles, près de son domicile. Les obsèques auront lieu le 7 décembre à l’Eglise Saint-Roch (75001 Paris).

Personnage incontournable dans l'univers de la mode, François Lesage, qui avait réalisé de nombreuses broderies notamment pour Yves Saint-Laurent ou la maison Chanel, était malade depuis plusieurs mois, a précisé une porte-parole de la maison qui a été rachetée en 2002 par Chanel.

François Lesage avait reçu le 23 novembre le titre de maître d'art au ministère de la Culture. Ce qui lui a permis "de dire au revoir", commente la  porte-parole de sa maison.

Un monsieur "né dans les paillettes" au destin tout tracé
Ce vieux monsieur charmeur, au regard malicieux, était souvent présent aux défilés de la maison Chanel ou Lacroix, commentant volontiers le travail artisanal des tenues auprès de ses voisins du premier rang.

Né en 1929 "sur un tas de perles et de paillettes", François Lesage avait repris à 20 ans la maison de broderie fondée par son père. "Je ne me suis jamais posé la question (de faire autre chose). Je couche dans la chambre où je suis né", confiait-il, sans état d'âme, l'an dernier. Sa mère travaillait chez la couturière Madeleine Vionnet.

Familier des prouesses techniques et esthétiques réalisées par ses parents, notamment pour Vionnet et Elsa Schiaparelli, il a vu défiler tous les grands noms de la couture dans son atelier, de Balenciaga à Jacques Fath, de Lanvin à Saint Laurent.

Il avait d'ailleurs connu le jeune Yves Saint Laurent à 19 ans, chez Dior. "Et Karl (Lagerfeld) aussi, c'était un tout jeune homme quand je l'ai rencontré chez Patou. Gaultier, ou Lacroix qui est mon filleul, aussi, ils étaient débutants...", racontait-il en janvier 2010.

Soucieux de pérenniser son art et de transmettre son savoir-faire, il avait créé en 1992 une école de broderie tout près de ses ateliers parisiens. Son travail a fait l'objet de plusieurs expositions à New York, Paris, Tokyo ou Los Angeles.

Karl Lagerfeld "attristé"
"Le personnel de la maison Lesage et les équipes de Chanel partagent aujourd'hui la même émotion et une grande tristesse de perdre une personnalité passionnée, pleine d'humour et haute en couleurs.", indique un communiqué.

Le couturier Karl Lagerfeld s'est dit lui aussi "très attristé", affirmant que cet artisan "unique en son genre" et "bon vivant" avait "stupéfié plus d'une fois" par son talent les couturiers travaillant avec lui.

Christian Lacroix s'est dit, lui, "plus que triste" à l'annonce du décès de François Lesage, "l'artisan affectueux, l'ami passionné, le maître, le soutien" qui "aura donné un autre éclat au monde traditionnel de la broderie" et qu'il "aurait souhaité éternel". Il se souvient de cette rencontre décisive avec le brodeur en 1982, pour sa première collection chez Patou : "Je le revois, sévère dans sa gabardine. Il ouvre sa valise magique pleine de trésors, de brillances subtiles, d'audaces contemporaines et de délicatesses historiques mêlées. Le charme opéra."  "Il m'appela son filleul, il devint mon parrain et il aida beaucoup à faire connaître mon travail, avant même que naisse la maison qui porta mon nom", ajoute Christian Lacroix.