Défilé "anti-morosité" : Lagerfeld défend le luxe en temps de crise

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 07/12/2011 à 12H12
Défilé Chanel Karl Lagerfeld "anti-morosité" au Grand Palais à Paris

Défilé Chanel Karl Lagerfeld "anti-morosité" au Grand Palais à Paris

© François Guillot / AFP

Le couturier Karl Lagerfeld a défendu mardi le luxe en temps de crise, s'agaçant notamment de l'influence des agences de notation, en marge d'un fastueux défilé hors calendrier mettant à l'honneur les métiers d'art.

Chanel a créé mardi un luxueux palais de maharaja dans une galerie en friche du grand Palais, écrin éphémère d'une collection de prêt-à-porter "anti-morosité".

"Il n'est pas question de se laisser aller à la morosité générale", s'est  exclamé M. Lagerfeld en coulisses du défilé Chanel au Grand Palais, arguant du rôle positif de la mode dans la balance commerciale de la France et défendant l'industrie du luxe "qui donne beaucoup de travail à beaucoup de monde".

Evoquant les agences de notation, il s'est emporté: "Mais qui sont ces gens? Qui les a mis dans cette position pour distribuer des A ? On ne les connaît même pas!". Pour le couturier, "il y a eu davantage de panique en 2008 qu'aujourd'hui" et les périodes de crise économique n'ont rien d'antinomique avec la création."

Moins de 200 "happy few" étaient invités à ce banquet irréel, face à un buffet recouvert de plateaux en argent, chandeliers et bombonnières en cristal, débordant de fruits, guirlandes de jasmin et de mille friandises. Sur la table,  interminable, circulait un train électrique argenté, transportant dans ses wagons des carafes à whisky et diffusant un sillage d'encens.

Le luxe assumé
Sirotant thé aux épices, lassi à la mangue ou champagne, le public, parmi lequel s'étaient glissés Virginie Ledoyen, Marc Lavoine et Anna Mouglalis, a admiré la collection "Paris Bombay", destinée à mettre en valeur les ateliers appartenant à la maison: brodeurs, plumassiers, orfèvres et paruriers.

Des bas-bottes, des jupes drapées sur des jodhpurs, des redingotes brodées. De l'or blanc ou grisé "anti bling-bling", une déclinaison complète de gris délicats ou de roses, du plus pâle au plus soutenu. Les filles, chignons lâches ou longs rastas, portaient de nombreux bijoux sur le front, le dos de la main ou la narine.

Avec ses pièces "très élaborées, beaucoup plus chères que le prêt-à-porter normal", selon Karl Lagerfeld , la collection, avec sa touche "hippy", évoque un "fantasme" de l'Inde imaginée depuis Paris.