Au festival de Hyères, 10 jeunes stylistes font preuve de singularité

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 28/04/2012 à 14H04
  • Le designer Belge Lucas Sponchiado présente son travail au jury de Hyères (avril 2012)
  • Le styliste Belge Lucas Sponchiado
  • Le Canadien Steven Tai
  • La créatrice Estonienne Ragne Kikas
  • Paula Selby Avellaneda
  • Le créateur Suisse Maxime Rappaz
  • Siiri Raasakka, Tiia Siren and Elina Laitine
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  • Le designer Belge Lucas Sponchiado présente son travail au jury de Hyères (avril 2012)
    Le designer Belge Lucas Sponchiado présente son travail au jury de Hyères (avril 2012) © A.C. Poujoulat. AFP
  • Le styliste Belge Lucas Sponchiado
    Le styliste Belge Lucas Sponchiado © A.C. Poujoulat. AFP
  • Le Canadien Steven Tai
    Le Canadien Steven Tai © A.C. Poujoulat. AFP
  • La créatrice Estonienne Ragne Kikas
    La créatrice Estonienne Ragne Kikas © A.C. Poujoulat. AFP
  • Paula Selby Avellaneda
    Paula Selby Avellaneda © A.C. Poujoulat. AFP
  • Le créateur Suisse Maxime Rappaz
    Le créateur Suisse Maxime Rappaz © A.C. Poujoulat. AFP
  • Siiri Raasakka, Tiia Siren and Elina Laitine
    Siiri Raasakka, Tiia Siren and Elina Laitine © A.C. Poujoulat. AFP

Au Festival de Hyères, les 10 jeunes stylistes en lice -loin du formatage- ont présenté, vendredi, leur imaginaire fécond avec des collections farouchement singulières. Le couturier japonais Yohji Yamamoto a déjà conseillé à tous ces "talents innocents" et bouillonnant d'énergie: "Persistez longtemps dans votre voie, sans vous soucier des autres".

Yohji Yamamoto, président du jury international qui doit primer plusieurs d'entre eux dimanche soir, s'inquiète pour ces débutants passionnés: "actuellement, il n'y a pas de place sur le marché pour les jeunes créateurs", affirme-t-il. "Une légère brise se lève, cela commence à s'entrouvrir, parce que la mode est devenue trop plate, ennuyeuse. Tout s'y ressemble", relativise-t-il, se disant impressionné par la force de proposition, la "réelle puissance" de plusieurs candidats.

Un sentiment partagé par le juré et historien de la mode Olivier Saillard, pour lequel les collections présentées vont dans le sens d'un "effet boomerang" comme en connaît régulièrement la mode. "On voit un début d'effet riposte face à la mode actuelle, trop linéaire et prévisible, qui a du mal à sortir du modèle Prada ou Marc Jacobs et où tout le monde se copie. Ici, on retrouve un peu de nervosité", s'enthousiasme le directeur du musée Galliera à Paris. Parmi les collections présentées au jury mais aussi au public lors de plusieurs défilés, "on a vu des choses très différentes, loin de toute école stylistique sous influence, formatée", commente-t-il.

Ce festival avec ses consultants, chasseurs de tête et dirigeants du luxe, est avant tout un "laboratoire de recherche". Son cadre, la villa Noailles, perchée par l'architecte Robert Mallet-Stevens sur les hauteurs de Hyères, limite le nombre de participants, conservant ainsi "un côté tendre à l'affaire", remarque-t-il.

Yohji Yamamoto, président du jury Hyères 2012 (avril 2012)

Yohji Yamamoto, président du jury Hyères 2012 (avril 2012)

© A.C. Poujoulat. AFP

10 stylistes du monde entier en compétition : Jasmina Barshovi, Kim Choong-Wilkins, Narelle Dore, Daniel Hurlin, Ragne Kikas, Elina Laitinen, Siiri Raasakka & Tiia Siren, Maxime Rappaz, Paula Selby Avellaneda, Lucas Sponchiado et Steven Tai.

Ces stylistes aspirent à monter leur propre marque ou à se faire une place dans une grande maison
L'australienne Narelle Dore, 33 ans, veut se consacrer à ses collections en maille et macramé: "J'aime construire lentement", dit-elle. Tout comme l'estonienne Ragne Kikas, 27 ans, qui a impressionné avec ses silhouettes tricotées main, noir ou argent, aux subtils jeux de volumes et textures. D'autres, comme la suissesse Jasmina Barshovi, 26 ans, avec sa collection pour homme sport et légère, créée en "pensant avec nostalgie aux copains de mon adolescence", se verrait bien directrice artistique d'une marque.

Joie et fantaisie ont dominé plusieurs propositions, comme celle d'un trio de Finlandaises déjantées qui ont rêvé une "révolution de filles, très inspirées par les garçons". Cristaux en pagaille, plaid aux motifs de rose, couleurs éclatantes: "Le principal, c'est de s'amuser", plaide Tila Siren. Daniel Hurlin, un Français de 24 ans, a joué aussi de contrastes saisissants. Comme son perfecto en cuir rose et turquoise, porté sur un manteau-kimono en velours jaune et brique et un pantalon bi-colore, une jambe olive, une jambe marine.