Le "Slow Made", un mouvement valorisant le temps du bel ouvrage

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 15/12/2012 à 11H26
Chez André Guillerm, maître tailleur à Paris.

Chez André Guillerm, maître tailleur à Paris.

© Inma

Après la "Slow Food", voici venu le temps du "Slow Made". Traduisez "faire en prenant le temps nécessaire". Il s'agit d'un mouvement valorisant les savoir-faire des métiers d'art et de tous ceux qui veulent produire des objets de qualité et durables. A visée internationale, ce mouvement vient de voir le jour en France.

Créé à l'initiative de l'Institut national des métiers d'art (Inma) et du Mobilier National, "Slow Made" entend fédérer créateurs, fabricants, éditeurs, galeries, institutions, designers mais aussi grand public autour de valeurs déclinées dans une charte.
Le temps du geste au juste prix
Cette charte insiste notamment sur le "juste temps" ou "le temps du geste" pour rappeler que fabriquer un objet de qualité requiert du temps tout autant que l'acquisition d'un savoir-faire dans un métier d'art et que "le jetable, n'est plus une solution".
 "Ce geste là, c'est aussi un art de vivre et la notion de temps est une valeur commune aux métiers d'art. Nous sommes partis de ces métiers mais ce mouvement se veut international et il est ouvert à tous les créateurs, producteurs mais aussi intermédiaires et consommateurs qui souhaitent adhérer à nos valeurs", explique  Nicolas Rizzo, directeur du développement à l'Inma.

Parmi les valeurs partagées on trouve notamment la "transmission, un engagement à transmettre les valeurs attachées à la culture du temps et du savoir-faire", "l'appropriation" par un acquéreur responsable, informé et averti, et le "prix juste", l'objet Slow Made étant vendu selon un prix prenant en compte le temps du développement et de la fabrication.
Portrait d'un Maître tailleur traditionnel à Paris.
Un choix de société et de consommation
"Il ne s'agit pas de créer un mouvement passif ou sectaire, en réaction à quelque chose, mais de renforcer l'identité des métiers d'art, pas seulement ceux +made in France+, des acteurs publics et privés, institutionnels, autour d'un choix de société et de consommation", ajoute M. Rizzo.

Pour le moment, la communauté de "Slow Made" partage une page facebook et des événements sur internet en attendant le 
développement d'une plate-forme web.