Le musée Tinguely de Bâle célèbre 60 ans d'art de la performance

Par @Culturebox
Mis à jour le 28/09/2017 à 17H56, publié le 28/09/2017 à 12H26
Le musée Tinguely de Bâle rend hommage à 60 ans de perfomance artistique en Suisse. 

Le musée Tinguely de Bâle rend hommage à 60 ans de perfomance artistique en Suisse. 

© France 3 / Culturebox

C'est un mode d'expression qui brouille les frontières, aux confins du théâtre, de la danse et de la vidéo, la performance artistique est aujourd'hui entrée dans tous les musées. A Bâle, le musée Tinguely propose jusqu'au 28 janvier 2018 une rétrospective de cet art si particulier né dans les années 60. L'exposition s'accompagne forcément de performances live.

Le Musée Tinguely à Bâle (Suisse) célèbre "60 ans d'art performatif en Suisse". L'exposition réunit plus de cinquante artistes, et présente chaque mois un programme d’actions éphémères. A l'image de cette performance imaginée par l'artiste Massimo Furlan où des supers héros fatigués déambulent en plein musée au gré de leurs envies.

Reportage : N. Ly / B. Stemmer / A. Ahmed

Artiste et public : le face-à-face

L'art performatif fait vivre l'œuvre d'art en chair en os. Réalisé en direct par les artistes performeurs, c'est une façon directe et frontale d'exprimer des idées, revendiquer un combat et parfois provoquer le visiteur.

"Même si le performeur ne parle pas, en tant que spectateur le visiteur se raconte une histoire et invente quelque chose, c'est ce rapport très fort du live qui est intéressant", explique Massimo Furlan à propos de sa performance (Love story) Superman.

Produite dans des lieux les plus divers, des galeries d’art aux musées et aux espaces "alternatifs", l'œuvre se veut éphémère et quasi unique. Elle laisse peu de traces derrière elle et appartient à la mémoire de ceux qui l'ont vue.

-> A voir dans cette vidéo la perfomance chantée de Yan Duyvendak "Keep it Fun for Yourself". 
Seuls des films ou des photographies conservent l'existence de cette pièce. L'exposition du musée Tinguely présente des documents des débuts de cet art et des performances actuelles d’artistes émergents ou établis. L’événement se veut multidisciplinaire et transgénérationnel.

Tinguely : le performeur né

Au commencement des actions performatives en Suisse, il y a eu Jean Tinguely et ses spectaculaires explosions au carnaval de Bâle en 1974. Plus connu pour ses sculptures monumentales intrigantes, l'artiste suisse a également œuvré activement pour l'art de la performance au sein de la confédération. "Il était vraiment très avant-gardiste car pendant longtemps l'art ne se jouait que dans les musées et pour lui c'était très important d'aller dans la rue", rappelle Roland Wetzel, directeur du musée Tinguely.
Jean Tinguely, Méta-Maxi, 1986

Jean Tinguely, Méta-Maxi, 1986

© Jean Tinguely, Méta-Maxi, 1986 / Daimler Art Collection, Stuttgart/Berlin Photographie Daimler Art Collection, Stuttgart/Berlin / Adagp

Lorsque Jean Tinguely décide en 1974 de rejoindre les Kuttlebutzer, la plus trublion de toutes les cliques du carnaval, le rassemblement populaire prend une autre tournure. Tinguely et les "nettoyeurs de tripes" (nom français de la clique) créent le scandale en caressant à rebrousse-poil les organisateurs de cette institution très organisée et stricte.
Jean Tinguely sur le char de sa "Kuttlebutzer" lors du carnaval de Bâle 

Jean Tinguely sur le char de sa "Kuttlebutzer" lors du carnaval de Bâle 

© DR (Musée Tinguely)

Se défaire de "L'objet d'art"

A la croisée de plusieurs champs artistiques -danse, théâtre, art plastique et arts vivants- la performance induit implicitement trois notions fondamentales qui sont : le corps, l'espace et le temps. En 60 ans, le genre, parfois fantastique, drôle ou déroutant, scandaleux et fascinant, est devenu fondamental.
perfomance artistique © France 3 / Culturebox / Capture d'écran

"L'œuvre d'art matérielle a pris une valeur telle que certains artistes veulent s'en détacher. Ne plus fournir cet objet d'art que l'on peut mettre dans un salon ou dans un hall de banque et plus aller vers le cœur-même de leur travail en fournissant un acte. ", suggère Jean-Paul Felley, Co-directeur du centre culturel suisse de Paris.

-> Dans cette vidéo, l'artiste performeur Christoph Rütimann expérimente le son des cactus ! 
Des premières actions auto-destructrices de Jean Tinguely aux œuvres intangibles de Florence Jung, l'exposition présente l’incroyable diversité et actualité de la performance sous toutes ses formes.
Chaque weekend, des actions performatives sont exécutées devant le public. 

-> Le programme des prochaines performances : 
20 septembre 2017- 28 janvier 2018 - Heinrich Lüber
13-14 octobre 2017 - San Keller
15 octobre 2017 - Christoph Rütimann, Gregory Stauffer, Neopost Foofwa (Jonathan O'Hear & Timothy O'Hear & Martin Rautenstrauch)
18 novembre 2017 - Anne Rochat, Roman Signer
19 novembre 2017 - François Gremaud & Pierre Misfud
2 décembre 2017 - Marius Schaffter & Jêrome Stünzi, Gisela Hochuli, Yan Duyvendak, Martina-Sofie Wildberger
19 janiver 2018 - Museumsnacht Basel
25 janvier 2018 - John M Armleder & Christian Marclay
26 janvier 2018 - Christian Marclay