Un prélèvement ADN effectué sur le corps de Salvador Dali exhumé à Figueras, 28 ans après sa mort

Par @Culturebox
Mis à jour le 20/07/2017 à 09H41, publié le 20/07/2017 à 09H20
La tombe du peintre surréaliste est située au Théâtre-Musée Dali, à Figueras.

La tombe du peintre surréaliste est située au Théâtre-Musée Dali, à Figueras.

© LLUIS GENE / AFP

La tombe de l'artiste surréaliste espagnol Salvador Dali doit être rouverte jeudi 20 juillet, 28 ans après sa mort, pour déterminer s'il a, ou non, une descendance. Une cartomancienne espagnole assure être le fruit d'une brève liaison dans leur village natal de Figueras.

L'exhumation du fantasque peintre a été ordonnée fin juin par la justice, après la demande en reconnaissance de paternité déposée par Pilar Abel, 61 ans. Elle affirme que sa mère, une employée de maison, avait rencontré Dali chez des amis du peintre, à Portlligat, dans le nord-est de l'Espagne.

Prélèvement directement dans la tombe

A 20h, une fois tous les touristes partis, des experts retireront la dalle de plus d'une tonne située dans la crypte abritant le tombeau de Dali, sous la coupole géante du Théâtre-Musée Dali de Figueras, pour prélever un extrait d'ADN. Le prélèvement se fera directement dans la tombe sur "des restes osseux et/ou des pièces dentaires", selon le document judiciaire ordonnant l'exhumation.

En 2016, 1,1 million de visiteurs étaient venus se recueillir sur la tombe de l'artiste.

En 2016, 1,1 million de visiteurs étaient venus se recueillir sur la tombe de l'artiste.

© LLUIS GENE / AFP

Il devra ensuite être transmis à l'Institut de toxicologie de Madrid où Pilar Abel a déjà déposé un échantillon de salive. La réponse prendra quelques semaines, selon Enrique Blanquez, l'avocat commis d'office de la plaignante.

Exhumation sous haute surveillance

Le site sera fermé au public et aux journalistes. Selon le journal barcelonais La Vanguardia, la coupole du musée sera recouverte de toiles opaques pour éviter que des photos soient prises à l'aide de drones. Les détails de l'exhumation seront dévoilés vendredi à 8 heures par la fondation Dali, qui gère le théâtre-musée.

L'exhumation était initialement prévue à 9h30 du matin, mais le musée, principale attraction touristique de cette petite ville catalane avec plus de 1,1 million de visiteurs en 2016, souhaitait que ses horaires d'ouverture soient respectés. "C'est la première fois qu'il nous arrive une chose pareille", a déclaré à l'AFP une porte-parole de la Fondation Dali.

La Fondation Dali avait déposé un recours contre l'exhumation, mais le délai était "trop juste" pour donner le temps à toutes les parties de présenter leurs arguments et permettre à la justice de trancher, a expliqué une source judiciaire. Du coup, sauf "surprise administrative ou logistique" de dernière minute, la dépouille sera bien exhumée.

Doutes sur le récit de celle qui assure être sa fille

"Je veux juste connaître la vérité. Je suis très positive, très contente", a confié mercredi Pilar Abel à des journalistes. Celle qui est née et a grandi à Figueras, la ville où Dali est né en 1904 et mort en 1989, assure lutter depuis dix ans pour obtenir cette reconnaissance. La Catalabe de 61 ans a déjà réalisé trois tests ADN, dont les résultats ne lui sont pas parvenus. Des faits que l'AFP n'a pu vérifier.

Si les tests prouvaient sa filiation, elle pourrait réclamer sa part de l'héritage, au minimun 25% selon son avocat, bien qu'elle martèle mener ces procédures avant tout pour "connaître (s)on identité". Mais si les tests s'avéraient négatifs, "nous continuerons à nous battre!", a-t-elle lancé, sûre d'elle.

Ses détracteurs ont souligné des lacunes et des contradictions dans son histoire. Elle et son avocat assurent disposer de témoignages autres que ceux de la mère et la grand-mère de Pilar Abel.

Dali a vécu ses dernières années retiré dans son château de Pubol avec sa compagne Gala, morte en 1982, avec laquelle il n'a pas eu d'enfant. "Dali aimait sa femme, mais il l'aimait sans avoir de rapports, c'était un voyeur, je dirais. C'est pour cela que nous, les gens de Figueras, nous pensons que c'est très difficile qu'il ait pu avoir un enfant", a déclaré à l'AFP TV une habitante de Figueras, Lidia, qui assure avoir connu Dali à l'âge de 13 ans.