"La Valse" de Camille Claudel retrouvée en avril atteint aux enchères 1,18 million

Par @Culturebox
Mis à jour le 12/06/2017 à 11H27, publié le 11/06/2017 à 19H09
la valse de Camille Claudel © Culturebox

"La Valse" de Camille Claudel, a été adjugée aux enchères pour 1,18 million d'euros à la petite nièce de l'artiste. Cette sculpture en bronze restée plus d'un siècle cachée dans un placard a été découverte en avril dernier. Elle fit scandale à l'époque à cause de son intense sensualité.

Une oeuvre jugée indécente

En avril dernier, une famille de l'Oise signale qu'elle possède un bronze qui pourrait être signé Camille Claudel. Des spécialistes viennent alors l'examiner : oui, cette sculpture est authentique, il s'agit bien d'une oeuvre intitulée "La Valse". Jugée indécente, voire provocante, condamnée par l'académie des Beaux-Arts en 1892, elle avait tout bonnement été remisée dans une armoire par ses propriétaires de l'époque. Et  telle la belle au bois dormant, elle a passé plus de cent ans dans l'ombre, pour revenir aujourd'hui en pleine lumière.

 

A terme, "La Valse" rejoindra le musée consacré à Camille Claudel à Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne), a assuré Mme Paris qui a déjà cédé à cet établissement de nombreuses oeuvres de sa collection privée. "Grâce au musée, Camille (Claudel) va être connue dans le monde entier", s'est félicitée sa petite nièce.
"La Valse" de Camille Claudel

"La Valse" de Camille Claudel

© GUILLAUME SOUVANT / AFP

Une pièce maitresse de l'artiste

L'écrivain Jules Renard disait que cette sculpture était "une valse où le couple semble vouloir se coucher et finir la danse par l'amour". Les personnages sont nus et enlacés, dans une posture d'abandon pleine de sensualité. Un érotisme subtil mais tellement flagrant que Camille Claudel fut sommée de voiler la nudité de ses personnages. Elle s'exécuta, ajoutant un drapé tout en légéreté qui donna à son travail beaucoup de grâce et de souplesse. La bienséance était sauve, et "La Valse", modifiée en 1901, et éditée à 25 exemplaires, est considérée aujourd'hui comme une oeuvre maitresse de l'artiste. 

"C'est Camille ! C'est toute ma vie, Camille... Elle est flamboyante !", s'est exclamée très émue Reine-Marie Paris après avoir emporté la sculpture, fondue aux
alentours de 1900, face à cinq enchérisseurs au téléphone, dont certains aux Etats-Unis, selon une journaliste de l'AFP.

Avec les frais, le montant de l'enchère s'établit à 1,463 million d'euros: "C'est un record mondial pour une oeuvre de cette taille", a commenté le commissaire priseur Aymeric Rouillac qui organisait la vente au château d'Artigny, à Montbazon. Selon Me Rouillac, "c'est le plus bel exemplaire des cinq tirages connus en bronze d'époque".
Reine-Marie Paris, petite nièce de Camille Claudel, avec Philippe (G) et Aymeric (D) Rouillac

Reine-Marie Paris, petite nièce de Camille Claudel, avec Philippe (G) et Aymeric (D) Rouillac

© GUILLAUME SOUVANT / AFP

Une collectionneuse passionnée

Mme Paris, petite-fille de Paul Claudel -poète et frère de Camille- a indiqué qu'elle collectionne des oeuvres de sa parente "depuis l'âge de 20 ans". "Je n'ai
hérité d'aucune oeuvre mais j'en ai acheté 70 au total, dont j'ai gardé en propre 23" (24 avec "La Valse"), a-t-elle expliqué.

Les enchères pour un "Minotaure" en plâtre patiné d'Auguste Rodin, amant de Camille Claudel, a plafonné à 73.000 euros au cours de la même vente, en dessous du prix plancher de 80.000 euros exigé par le vendeur. Cette sculpture dans une version dite "aux cornes courtes" a été réalisée en 1886, trois ans après sa rencontre avec Camille Claudel.