La cassette audio n'a pas dit son dernier mot

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 15/05/2015 à 10H47
Détrônée par le CD à la fin des années 80, la cassette audio trouve de nouveaux adeptes

Détrônée par le CD à la fin des années 80, la cassette audio trouve de nouveaux adeptes

© France 3 Culturebox

On la croyait disparue, remisée définitivement au grenier. Mais non. Timidement mais sûrement, la cassette audio fait à nouveau parler d’elle. A la faveur d’une mode vintage qui a déjà permis au vinyle de refaire surface, le support bande-son magnétique trouve de nouveaux adeptes séduits par cet objet "authentique". Autre atout : son faible coût de production attire aussi les labels indépendants.

Petite leçon d’histoire pour les plus jeunes internautes de Culturebox : c’est Philips qui a introduit la cassette (ou K7) en 1963, à savoir une bande magnétique enroulée autour de deux bobines qui permet d’enregistrer (gratuitement) et d’écouter de la musique. Ca n’a l’air de rien comme ça, mais ceux qui ont passé la quarantaine se souviennent avec émotion des heures passées à écouter la radio, le doigt posé sur la touche REC pour ne pas manquer le dernier titre de U2 ou de The Cure !

Ce support solide, fiable, simple et pas cher connait un immense succès, amplifié par l’invention en 1979 du walkman (le baladeur) par Sony. Mais en 1983, l’apparition du compact disc audio, le fameux CD, signe la mort lente mais inexorable de la K7. Mort, pas tout à fait. Certes, les ventes chutent mais le support ne disparaît pas complètement. Comme pour le vinyle, il y a des passionnés qui continuent d’utiliser la bande son magnétique. Certains petits labels français comme Midnight Special Records misent sur lui et sur son côté "authentique".

Reportage : J. Gasparutto / J-C. Duclos / N. Aibar

Nostalgie ou vrai marché à saisir ?


Il y a un peu des deux. Ce qui est sûr, c’est que la K7 est un outil prisé des labels indépendants pour son faible coût de production. Le site L'Obs/Rue89 explique qu’au Canada, le pressage de 100 vinyles coûte environ 9,09 euros l’unité, contre à peine 1 euro pour les cassettes. Le prix de vente est fixé entre 5 et 6 euros. Imbattable. Pour les petits labels, produire un album sur cassette permet de se démarquer avec un objet vintage tout en prenant peu de risque au niveau financier. Souvenons-nous aussi que Daft Punk a réalisé la promotion de l’album "Random Access Memories"  au moyen de cassettes audio.

Côté chiffres, selon le Tape Storage Council, le marché de la cassette a connu une progression de l’ordre de 13% en 2012 et de 26% en 2013.

Signe que la K7 reprend du poil de la bête : Sony ( qui a abandonné la cassette en 2010) a annoncé en mai 2014 qu’il allait lancer une cassette dotée d'une capacité de stockage allant jusqu'à 185 téraoctets, soit 39.000 DVD, 65 millions de chansons ou encore 135.400 jours de musique. Sa date de sortie n’est pas connue.

Alors, un conseil, même s'il prend la poussière sur une étagère, ne jetez pas votre énorme poste (genre gehtto blaster) avec double piste de lecture pour cassettes audio, il pourrait reprendre du service !