Jeff Koons et le Centre Pompidou condamnés pour "contrefaçon"

Par @Culturebox
Mis à jour le 09/03/2017 à 17H16, publié le 09/03/2017 à 16H35
Jeff Koons (2014)

Jeff Koons (2014)

© Andrew Burton / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Le tribunal de Paris a jugé jeudi que la sculpture "Naked" du plasticien américain Jeff Koons était la "contrefaçon" d'un cliché du photographe français Jean-François Bauret.

Il a par conséquent condamné la société Jeff Koons LLC, dont l'artiste est le gérant, et le Centre Pompidou à verser 20.000 euros aux ayants droit du photographe en réparation du préjudice subi.

S’ajoutent 20.000 euros pour leurs frais de justice. Jeff Koons LLC devra payer 4.000 euros supplémentaires à la famille pour avoir reproduit l'œuvre litigieuse sur son site internet.

Intitulée "Naked" (Nus), l'oeuvre est une sculpture en porcelaine représentant un garçon et une fille nus âgés de huit-dix ans. Selon Claude Bauret-Allard, épouse de Jean-François Bauret mort en janvier 2014, cette oeuvre est très directement inspirée d'un cliché du photographe visible sur son site (http://jfbauret.free.fr/enfants.html). Pour le tribunal, cette sculpture est bien une "contrefaçon" du cliché "Enfants" réalisé par Jean-François Bauret et diffusé en 1975 sous forme de carte postale, représentant deux enfants nus, dans une pose identique.

Pour les juges, les variations apportées par Jeff Koons "n'empêchent pas de reconnaître et d'identifier les modèles et la pose", qui sont "des éléments
essentiels protégés" du cliché de Jean-François Bauret.

Jean-François Bauret a été un pionnier du "portrait nu". Il a été l'un des premiers à photographier un homme nu pour une publicité, ainsi que des femmes
enceintes. De nombreuses personnalités ont posé pour lui, habillées ou non, notamment Serge Gainsbourg, Jean Paul Gaultier ou encore Michel Tournier.

L'oeuvre "Naked" devait être exposée durant la rétrospective consacrée à Jeff  Koons (650.000 visiteurs en 2014-2015). Mais selon le centre Pompidou, il avait été décidé de ne pas la présenter car elle avait été "légèrement endommagée". Toutefois, la sculpture "était déjà reproduite sur les supports de l'exposition en vente au public" et a été montrée dans divers reportages, a rappelé le tribunal.

Elle fait partie de la série "Banality", dont une autre oeuvre, intitulée "Fait d'hiver", avait été retirée de l'exposition, à la demande du prêteur, après des accusations de plagiat, de la part d'un publicitaire.