France Soir bientôt "sans papier"

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 11/10/2011 à 10H16
France Soir devrait passer au tout numérique début décembre

France Soir devrait passer au tout numérique début décembre

© PHOTOPQR/L'ALSACE/Jean Francois FREY

C'est peut être l'ultime épisode d'une longue dégringolade. Le quotidien France Soir s'apprête à abandonner son édition papier pour ne conserver qu'une édition web. Au passage, le titre devrait se séparer des trois-quarts de ses effectifs.

France Soir, c'était l'une des plus belles marques de la presse française. Avec une heure de gloire, les années 50 et 60 : un tirage quotidien d'un million d'exemplaires, un patron charismatique au "pif" incontesté, Pierre Lazareff, une rédaction de 400 journalistes et les plus grandes signatures, Joseph Kessel, Lucien Bodart, Philippe Labro et tant d'autres... 

De nouvelles formules en plans de reprises, France Soir n'a cessé de perdre des lecteurs depuis cette époque, ne parvenant plus à trouver sa place, "zappé" par des lecteurs devenus téléspectateurs. Aujourd'hui, le quotidien est entre les mains du milliardaire russe Alexander Pougatchev, qui y a injecté près de cent millions d'euros, sans atteindre son objectif d'une diffusion de 200 000 exemplaires. France Soir ne vend que 70 000 journaux par jour et perdrait chaque mois deux millions d'euros selon son propriétaire.

Déjà 200 quotidiens américains exclusivement on line

Le projet d'une édition numérique "exclusive" sera présenté vendredi au comité d'entreprise. Il aura de lourdes conséquences pour l'emploi : 89 postes supprimés sur 120, selon Le Parisien.  Si cette option se confirme, France Soir sera le premier quotidien à abandonner son édition papier pour le web. La Tribune, également en difficultés financières, avait choisi cette option l'été dernier, mais pour une durée limitée. Aux Etats-Unis, en revanche, ce mouvement s'est totalement banalisé : selon une récente étude de l'ONU, plus de 200 quotidiens auraient déjà glissé du papier vers internet, pour des raisons économiques.