Fleur Pellerin : "Je n'ai pas voulu être la ministre de l'entre-soi"

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 17/02/2016 à 11H16
Fleur Pellerin le 12 février 2016 à Paris, lors de la passation de pouvoirs au ministère de la Culture

Fleur Pellerin le 12 février 2016 à Paris, lors de la passation de pouvoirs au ministère de la Culture

© Villard / Sipa

L'ancienne ministre de la Culture Fleur Pellerin, remplacée le 11 février par Audray Azoulay, a attribué son renvoi au fait qu'elle avait refusé de "flatter" et d'être "la ministre de l'entre-soi", dans un interview parue sur le site de L'Obs mercredi.

"Je n'ai pas voulu être la ministre de l'entre-soi", affirme Fleur Pellerin, qui pense avoir dérangé "un milieu parisien, autocentré", dans un entretien paru sur le site de l'Obs.

Peu après sa nomination, François Hollande avait été filmé lui disant : "Va au spectacle tous les soirs, il faut que tu te tapes ça, et tu dis que +c'est bien+, que +c'est beau+. Ils veulent être aimés". "J'avais pris ces mots du président pour une boutade, en fait ils étaient ma feuille de route", a déclaré Fleur Pellerin, remplacée par Audrey Azoulay, ex-conseillère du président pour la culture.

"La conception que j'ai du ministère de la Culture est celle d'un lieu central de la transformation sociale. (...) Il existe une autre conception du rôle de ce ministère, davantage tournée vers la préservation des positions acquises, et qui conduit à ne surtout pas faire bouger les lignes", a plaidé Fleur Pellerin.

"C'est mon bilan de communication qui est mitigé"

"Je ne voulais pas que ce ministère soit celui du 1% qui va à l'Opéra et à la Comédie-Française. J'ai vu très souvent le président, et il ne m'a jamais signifié que je faisais fausse route", a affirmé l'ex-ministre. "Mon grand regret est d'avoir mal su expliquer ce que j'étais en train de faire à la tête de ce ministère. Je suis fière de mon bilan d'action. C'est mon bilan de communication qui est mitigé", explique Fleur Pellerin.

Dans son "bilan d'action", l'ex-ministre considère avoir surtout soutenu la création "grâce aux crédits d'impôt pour le cinéma, l'audiovisuel et la musique" et "pacifié le conflit des intermittents". "Le président et les ministres peuvent à nouveau fréquenter les salles de spectacle sans se faire siffler ou huer", a affirmé Fleur Pellerin.

Elle a regretté que "ces quatre années au gouvernement, à l'Économie numérique, puis au Commerce Extérieur et enfin à la Culture, (aient) été soldées en quatre minutes". "Dire que je n'ai pas accusé le coup, que je n'ai pas été choquée par la nouvelle serait mentir", explique Fleur Pellerin. "Mais je n'ai pas pleuré, comme je l'ai aussitôt entendu raconter ici ou là."

"Je voulais faire mes preuves comme ministre. Pour l'avenir, je n'exclus rien", a conclu l'ex-ministre, assurant qu'elle prendrait "une initiative dans les prochaines semaines".