Filippetti prend ses fonctions, Mitterrand repart en scooter

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 17/05/2012 à 14H14
Aurélie Filippetti et son prédécesseur Frédéric Mitterrand, rue de Valois, le 17 mai 2012

Aurélie Filippetti et son prédécesseur Frédéric Mitterrand, rue de Valois, le 17 mai 2012

© AFP / Thomas Samson

Aurélie Filippetti, "émue" selon ses propres termes, a pris officiellement ses fonctions de ministre de la Culture et de la Communication jeudi matin, à l'issue d'une cérémonie cordiale avec son prédécesseur Frédéric Mitterrand.

Le ministre sortant a quitté ses anciens bureaux en scooter, écharpée rayée autour du cou, après avoir reçu des mains de la jeune femme un livre dédicacé d'une citation de Carlos Fuentes, le grand écrivain mexicain mort mardi à Mexico.

"Tel j'étais, tel je suis", a lancé le neveu de l'ancien président François Mitterrand (1916-1996) avant d'enfourcher son deux-roues. Auparavant, il s'est entretenu près d'une heure avec Aurélie Filippetti qui lui a ensuite remis, dans les salons du ministère, un "petit cadeau": un livre de l'écrivain italien Erri De Luca ("Et il dit"), accompagné d'une "dédicace", une citation de Carlos Fuentes ou "une certaine conception de la littérature".

"La littérature est une blessure par où jaillit l'indispensable divorce entre les mots et les choses. Par cette blessure nous pouvons perdre tout notre sang", a lu Aurélie Filippetti, sous le regard ému de sa mère, qui a confié à la presse sa "fierté". "Je pense à son père, qui était un militant des cités minières de la Lorraine."

Frédéric Mitterrand à son départ du ministère de la Culture (17/05/2012)

Frédéric Mitterrand à son départ du ministère de la Culture (17/05/2012)

© AFP / Thomas Samson
Mitterrand : "Un jour de chance pour ce ministère"
"C'est un jour de chance pour ce ministère car il va y avoir à partir de maintenant une ministre dont l'empathie pour le monde de la culture est connue depuis longtemps et notamment parce que la ministre est une artiste en elle-même, un écrivain de très grand talent et de très grande qualité", a salué Frédéric Mitterrand.

"Et c'est aussi un jour de chance pour Aurélie Filippetti car elle se retrouve à la tête d'un ministère qui fonctionne remarquablement bien", a-t-il ajouté. La nouvelle ministre a reconnu être "émue". "Ce ministère est intimement lié à une certaine idée que nous avons de la France, de ses valeurs et de ce que nous voulons transmettre aux générations qui suivent, le meilleur de ce qui nous a été légué en héritage par ceux qui nous ont précédé."

La culture, "tout sauf un luxe"
"C'est tout sauf un luxe, sauf quelque chose de superflu en particulier en ces temps de crise, économique mais aussi morale et de la représentation", a-t-elle poursuivi. "Si nous sommes réunis ici, c'est parce que nous croyons profondément que la culture, c'est cette rencontre quasi miraculeuse entre la subjectivité d'un artiste (...) et le partage, l'intersubjectivité, le fait qu'en exprimant ce qu'on a de plus intime, on va toucher dans autrui ce qui relève de l'universel", a-t-elle dit à l'adresse de ses futurs collaborateurs.

Aurélie Filippetti a ajouté vouloir servir "un dessein politique au sens le plus noble du terme" qui consistera "à oeuvrer pour que la culture et les arts soient accessibles au plus grand nombre".