Filippetti : "pas candidate à un nouveau poste ministériel"

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 25/08/2014 à 15H32
Aurélie Filippetti en juin 2014 dans la cour de l'Elysée

Aurélie Filippetti en juin 2014 dans la cour de l'Elysée

© MIGUEL MEDINA / AFP

La ministre de la Culture et de la Communication, Aurélie Filippetti, a déclaré lundi qu'elle ne serait "pas candidate à un nouveau poste ministériel", préférant "la loyauté à ses idéaux" au "devoir de solidarité" gouvernementale, dans un courrier transmis à l'AFP

"Il y a un devoir de solidarité, mais il y a aussi un devoir de responsabilité vis-à-vis de ceux qui nous ont fait ce que nous sommes. Je choisis pour ma part la loyauté à mes idéaux. Je ne serai donc pas (...) candidate à un nouveau poste ministériel" dans la future équipe de Manuel Valls, écrit-elle dans une lettre à François Hollande et au Premier ministre.

"François, je t'ai soutenu dès la primaire de 2011"

"Depuis deux années, malgré les difficultés, je n'ai jamais manqué à la solidarité gouvernementale ni à la loyauté (...) Je n'ai jamais fait prévaloir un quelconque intérêt personnel sur l'engagement collectif", souligne-t-elle. "François, je t'ai soutenu dès la primaire de 2011 et j'ai participé ardemment à la campagne de 2012. Manuel, mon amitié ne t'a jamais fait défaut depuis plusieurs années", déclare Mme Filippetti, qui faisait partie de ceux qui plaidaient pour le remplacement à Matignon de Jean-Marc Ayrault par Manuel Valls.

Selon elle, "la réunion des ministres de jeudi dernier à Matignon a été malheureusement à la fois un révélateur et un exemple des raisons qui rendaient indispensable une discussion collective". "Je l'ai dit lors de cette réunion, faudrait-il désormais que nous nous excusions d'être de gauche ?" "Aujourd'hui", déplore-t-elle auprès du duo exécutif, "vous avez choisi de clore ce débat pourtant attendu par nos militants et nos électeurs, par beaucoup de nos parlementaires et par les Français".

"De quelle loyauté parle-t-on?"

"L'alternative n'est pas entre la loyauté et le départ. La question est : de quelle loyauté parle-t-on et pourquoi est-on investi d'une responsabilité politique ?" "Ma loyauté a été et demeure sans faille, même lorsqu'il m'a fallu affronter la fermeture des hauts-fourneaux de Florange, alors que je m'étais battue comme députée pendant cinq années sous le mandat de Nicolas Sarkozy contre le renoncement politique face à Mittal", écrit encore l'élue de la Moselle.

Elle rappelle aussi sa "loyauté" lorsqu'elle a dû affronter "une baisse sans précédent du budget du ministère de la Culture", et après l'accord concernant le régime des intermittents sur lequel elle avait immédiatement "alerté" Jean-Marc Ayrault et François Hollande.

Aurélie Filippetti avait envoyé dimanche un message de soutien à Benoît Hamon et Arnaud Montebourg sur son compte Twitter. La crise des intermittents serait à l'origine des dissensions entre la ministère de la culture et de la communication et la tête de l'Etat. Le Canard Enchaîné du 20 août dernier prédisait déjà un départ d’Aurélie Filippetti à l'occasion d'un remaniement que le journal satirique prévoyait plus tard, après les sénatoriales fin septembre.

Le Monde.fr a publié la lettre de la ministre :

Lettre ouverte d'Aurélie Filippetti à François Hollande et Manuel Valls (lundi 25 août 2014)