VIDEO. "Carambolages", l'exposition qui bouscule l'histoire de l'art

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 13/03/2016 à 11H41

185 œuvres d’art, issues d’époques, de styles et de pays différents, sont présentées au Grand Palais jusqu'au 4 juillet 2016 dans d'improbables "Carambolages". Giacometti, Rembrandt, Man Ray, Annette Messager et d’autres artistes anonymes dialoguent au sein d’un parcours ludique. Une nouvelle approche de l’histoire de l’art qui a beaucoup amusé le concepteur de l'exposition Jean-Hubert Martin.

Le Grand Palais à Paris propose une déambulation au coeur de l'histoire des arts. 185 œuvres, issues d’époques, de styles et de pays différents, se télescopent et se répondent dans un parcours conçu comme un jeu de dominos.

Analogies ou dissonances

Association d'idées, intuition, attirance, choc des cultures, chaque œuvre induit la suivante par un savant parcours de forme. "Il y a des comparaisons surprenantes, des associations complètement extravagantes mais si l'on suit le parcours,c'est un jeu", révèle Jean-Hubert Martin, le commissaire de l'exposition qui propose avec humour ses propres "Carambolages". 
Bartolomeo Passerotti , fin 16e

Bartolomeo Passerotti , fin 16e

© GINIES/SIPA

Un parcours non chronologique assumé 

Toiles, sculptures, objets sont présentés dans des travées parallèles entre lesquelles zigzague le public. Pas de légendes explicatives, mais des petits écrans sur lesquels défilent photos et titres des oeuvres. Pour en savoir plus, il faut se tourner vers le catalogue, objet d'art à lui tout seul : un livre-accordéon où se déploient les photos des oeuvres, deux livrets d'accompagnement, le tout sous emboitage.

Ici pas de grand discours à l'entrée qui vous dit "si vous n'avez pas compris tout ça, c'est que vous allez rater tout le propos de l'exposition".

Jean-Hubert Martin, concepeteur de Carambolages
Jeu d'échec par Maurizio Cattelan

Jeu d'échec par Maurizio Cattelan

© GINIES/SIPA

Les pépites du non art

Parmi les pièces présentées dans les "Carambolages", on croise le chat de Giacometti, une sculpture étonnante à base de gants et de crayons de couleur, d'Annette Messager, un crâne indonésien du XIXe siècle et des tableaux d'anonymes flamands du XVIe.
Crâne indonésien du XIXe siècle

Crâne indonésien du XIXe siècle

© France 3 / Culturebox

Parmi les 185 pièces exposées il y a aussi une pépite rarissime. Intitulée "Et le soleil s'endormit sur l'Adriatique", la peinture présentée au salon des indépendant en 1910 est l'oeuvre du fameux Lolo. L'âne du père Frédé, célèbre figure de Montmartre qui se servit de la queue de son animal pour réaliser le tableau ! "Je pense que tout le monde a dû sentir que ce n'était pas un chef d'oeuvre, dévoile amusé Jean-Hubert Martin, mais c'était une blague de la part des montmartrois pour dénoncer les excès de l'avant-garde de l'époque". 
Lolo, l'âne du père Frédé auteur d'un tableau présenté au salon des arts de 1910

Lolo, l'âne du père Frédé auteur d'un tableau présenté au salon des arts de 1910

© Culturebox

"Carambolages" détourne l'art avec un grand "A" et assume ce joyeux festival qui fait tourner la tête dans tous les sens. 

A lire : l'article de Thierry Hay "Carambolages au Grand Palais : l'exposition qui ouvre les yeux et réveille les neurones"