Van Gogh, Vinci, Matisse... 300 oeuvres seront prêtées au Louvre Abou Dhabi

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 12/10/2014 à 14H43
"La Belle Ferronnière" de Léonard de Vinci. Musée du Louvre

"La Belle Ferronnière" de Léonard de Vinci. Musée du Louvre

© TIMOTHY A. CLARY / AFP

Des chefs d'oeuvre de Léonard de Vinci, Vincent Van Gogh, Claude Monet, Henri Matisse et Andy Warhol figurent parmi les 300 œuvres qui seront prêtées par 13 musées français pour l'ouverture du musée du Louvre d'Abou Dhabi, a annoncé dimanche l'émirat.

Le communiqué révélant ces prêts exceptionnels ne donne pas la date de l'inauguration du musée construit par l'architecte Jean Nouvel, mais décembre 2015 reste l'objectif des autorités, indique-t-on de source française.

Quelque 300 oeuvres "provenant des plus grands établissements français seront présentées aux côtés de la collection du musée pour son année d'ouverture", indique l'Emirat. Ces prêts viendront compléter la collection, "tout en illustrant la vocation universelle du Louvre Abu Dhabi".

Vinci, Van Gogh, Monet

Parmi les prêts figurent "La Belle Ferronnière" de Léonard de Vinci, qui vient du musée du Louvre, "l'Apollon du Belvédère" de Francesco Primaticcio (Château de Fontainebleau), "Bonaparte franchissant les Alpes" de Jacques-Louis David (Versailles) et Le Fifre (1866) d'Edouard Manet (musée d'Orsay).
Nature morte au magnolia, Matisse 1941 (Centre Pompidou)

Nature morte au magnolia, Matisse 1941 (Centre Pompidou)

© ALFREDO DAGLI ORTI / THE ART ARCHIVE / THE PICTURE DESK
Sur la liste, on trouve aussi un célèbre "Autoportrait" de Vincent Van Gogh (musée d'Orsay), "la Nature morte au Magnolia" d'Henri Matisse (Centre Pompidou), "La gare Saint-Lazare" de Claude Monet (Orsay), une statue colossale du roi Ramsès II (Louvre) et une oeuvre d'Andy Warhol de 1968 (Big Electric Chair), prêté par le Centre Pompidou.

Un accord pour 30 ans et plus d'un milliard d'euros

Paris et Abou Dhabi ont signé en 2007 un accord sans précédent pour 30 ans  portant sur la conception et la mise en oeuvre par l'Agence France-Muséums du Louvre aux Emirats. Cet accord inter-gouvernemental pèse environ un milliard d'euros, auquel il faut ajouter 500 millions d'euros que représente le coût de construction du musée,dont les travaux se sont accélérés cette année. Des milliers d'ouvriers asiatiques se relaient sur le chantier pour achever le musée à temps.

Le projet a connu des retards et a fait l'objet d'un audit à Abou Dhabi, alors que des informations publiées par des journaux parisiens signalaient l'année dernière des "râtés" dans le pilotage initial du projet en France, ainsi que des "dérives" financières.
Le chantier du Louvre Abu Dhabi en mai 2013

Le chantier du Louvre Abu Dhabi en mai 2013

© Marwan Naamani
Construit sur l'île de Saadiyat, en bordure de mer, le Louvre Abu Dhabi s'étendra sur 64.000 m2, avec 6.000 m2 pour les collections permanentes et 2.000 m2 pour les expositions temporaires. Un dôme de 180 mètres de diamètre, reposant sur quatre piliers, coiffera les deux tiers du musée.

Pharaonique

Cheikh Sultan bin Tahnoon Al Nahyan, président de l'Autorité du Tourisme et de la Culture, organisme supervisant le Louvre Abu Dhabi, a souligné que les "prêts exceptionnels consentis par nos partenaires français sont le symbole de la collaboration et des échanges qui caractérisent" le projet.

Citée dans le communiqué, Fleur Pellerin, ministre française de la Culture, a pour sa part estimé que l'annonce de dimanche "représente une étape majeure" du projet. "Grâce aux chefs d'oeuvre que les 13 musées et établissement publics français partenaires du projet prêtent à Abou Dhabi, un dialogue inédit entre  les civilisations et les cultures va pouvoir s'engager dans un esprit  d'universalisme", a-t-elle dit.

Aucune censure

L'accord sur le prêt français de 300 oeuvres est d'une durée de 10 ans. Il  s'agit surtout de "créer une masse critique" la première année, avant que le nombre d'oeuvres prêtées ne décroisse progressivement, explique-t-on de source  française. 

Cette source souligne que les Emiratis n'ont censuré ni la nudité, ni aucune oeuvre symbolisant d'autres religions. "Aucune oeuvre n'a été refusée", dit-elle en rappelant que les Emiratis avaient eux-mêmes acheté notamment une tora yéménite (judaïsme), une statue shiva nataraja (hindouisme), un bouddha et des oeuvres incarnant l'animisme africain.