Une exposition très privée au Quai d'Orsay

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 19/09/2012 à 11H07
"La Carmencita" de John Singer-Sergent (1856-1925)

"La Carmencita" de John Singer-Sergent (1856-1925)

© Gianni Dagli Orti / The Art Archive / The Picture Desk

Le Canard enchaîné daté de mercredi épingle le ministre des affaires étrangères Laurent Fabius pour l'organisation d'une exposition dans les salons du Quai d'Orsay de neuf toiles empruntées au musée voisin, dont le coût s'élève à 85.000 euros.

L'accrochage remonte à trois semaines et doit durer jusqu'au 31 décembre. L'exposition n'est pas ouverte au public, étant réservée aux seuls diplomates passant par le ministère, à l'exception des deux journées du patrimoine qui se sont tenues le week-end dernier. Elle est composé de deux toiles de Renoir, une de Jules-Ellie Delaunay, une d'Alexandre Cabanel, , trois autres tableaux étant signés Paul Baudry, Léon Bonnat et Walter Crane, la plus impressionnante œuvre étant sans doute la "Carmencita" de 2,30 mètres de haut, signée John Singer-Sergent.

Le budget de 85.000 euros, honoré par le ministère se décompose en 40.000 euros pour la fabrication des cimaises, le recours à un architecte-scénographe et la sécurité des neuf toiles exposées. S'y ajoutent 10.000 euros d'installation par une entreprise spécialisée, 5.000 euros pour un livret destiné aux visiteurs ainsi que d'autres frais divers non détaillés par Le Canard.

Le transfert des œuvres a été financé par le musée, ainsi que leur assurance, pour une valeur de huit millions d'euros.

"Madame Georges Bizet" de Jules-Elie Delaunay (1828-91)

"Madame Georges Bizet" de Jules-Elie Delaunay (1828-91)

© Gianni Dagli Orti / The Art Archive / The Picture Desk
Amateur d'art éclairé
Laurent Fabius n'a jamais caché son amour des arts, ayant même publié un ouvrage, "Le Cabinet des douze" (Gallimard) consacré aux douze toiles qui "ont fait la France", selon le ministre. Fils d'antiquaires, et actionnaire majoritaire de l'étude de commissaires priseurs, Piaza, le chef de la diplomatie française est également très proche du chef de l'administration du musée d'Orsay, Guy Cogeval, avec lequel il siège au conseil d'administration du musée des Impressionnistes de Giverny, une école dont il est un inconditionnel.

Les neuf toiles exposées, toutes des portraits de femmes, proviennent des salles du musée et de ses réserves. Un tel prêt est une première dans les annales du ministère et du musée, souligne l'hebdomadaire qui a joint un de ses responsables. Ce dernier a reconnu qu'il s'agissait d'"un prêt à titre exceptionnel et limité dans le temps". Pour le justifié, il ajoutait que "M. Fabius a eu cette idée pour attirer l'attention des visiteurs sur l'exposition 'L'impressionnisme et la mode' qui démarre le 25 septembre au musée d'Orsay".