"Un soir, un musée, un verre", une asso pour les curieux des musées parisiens

Par @clairedigiacomi
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 23/08/2014 à 08H00
Cette année, l'association "Un soir, un musée, un verre" compte 80 adhérents.

Cette année, l'association "Un soir, un musée, un verre" compte 80 adhérents.

© Legroupesmv / Tumblr

Depuis 2011, le groupe "Un soir, un musée, un verre" organise chaque semaine des visites, ouvertes à tous, dans des lieux culturels parisiens. L'occasion de démystifier le musée et, surtout, de rencontrer d'autres personnes, professionnels ou amateurs, qui partagent les mêmes centres d'intérêts.

Un jour de juillet 2011, Laurent et Kristel, qui ont échangé quelques messages sur Twitter, décident d’aller au musée ensemble. Après l’exposition, ils discutent autour d’un verre et ont une idée : pourquoi ne pas réunir des gens, qui ne se connaissent pas et qu’on ne connaît pas, pour visiter des lieux culturels en groupe, puis finir par en discuter autour d’un verre ou d’un dîner ?

Quelques jours plus tard, le 11 août 2011, ils donnent le premier rendez-vous "SMV" (pour "Un soir, un musée, un verre") sur les réseaux sociaux. Ils sont six à se retrouver pour visiter le Musée des Arts décoratifs. Aujourd’hui, quand on les retrouve au pied du Mur pour la paix, sur le Champ de Mars à Paris, ils sont près d’une trentaine à répondre présent pour ce 153e "SMV", trois ans après le premier rendez-vous. Quelques uns sont des habitués de ces visites hebdomadaires, d’autres sont là pour la première fois.

"Aller au musée avec des gens comme nous"

C’est le cas de Sandrine, 33 ans. Elle a su que ce rendez-vous se tenait grâce à un site de référencement des activités disponibles à Paris. "Je vais beaucoup au musée mais souvent toute seule, parce que ce n’est pas vraiment ce qu’aiment faire mes amis". Même problème pour Etienne, 28 ans, que ses amis ont arrêté de suivre au musée à force de "les inviter aux expos les plus intellos (qu’il) puisse choisir".

Pour cette soirée exceptionnellement, les participants n’iront pas au musée mais jusqu’au deuxième étage de la Tour Eiffel, histoire de fêter en beauté le troisième anniversaire de l'initiative de Laurent et Kristel. Un rendez-vous est donné, après la visite, dans un restaurant à quelques pas du Champ de Mars. Comme d'habitude, les participants pourront faire connaissance avec les autres curieux de culture. "Le SMV nous permet d'aller au musée avec des gens comme nous, qui nous ressemblent, et qu’on peut parler de ce qui nous plaît avec eux. C'est vraiment agréable dès qu’on arrive à vaincre sa timidité", confie une habituée. Le "SMV" s’est constitué en association en février 2013 et compte cette année 80 adhérents. Chacun d’entre eux paie une cotisation de 5 euros par an pour accéder prioritairement à certaines sorties et bénéficier de visites exceptionnelles. Le 4 juin par exemple, 20 privilégiés ont eu droit à une visite guidée et privée de l'Opéra Comique, ainsi qu'une invitation au récital de Nora Gubisch & Alain Altinoglu.

Bientôt des SMV en régions ?

Les rendez-vous du SMV sont par ailleurs ouverts à tous les non-adhérents. Les participants, qui ont généralement entre 25 et 30 ans, sont évidemment tous intéressés de près ou de loin par la culture, sans être pour autant professionnellement impliqués dans le milieu culturel. Audrey, une habituée des SMV, travaille chez Total. Pour elle, les musées sont un simple passe-temps. "Un jour, j’ai simplement tapé ‘aller musée avec groupe’ dans ma barre de recherche Google, parce que j’avais très envie de faire quelque chose comme ça."

"On nous a déjà proposé des partenariats et des publicités, mais ça ne nous intéresse pas, confie Antoine Vitek, l’un des organisateurs. Pour l’instant, le bouche à oreille fonctionne plutôt bien." Aujourd’hui, ce sont même les musées et les institutions culturelles qui contactent l’association pour lui proposer des visites guidées avec les commissaires d’exposition ou des visites inédites.

Les organisateurs du SMV travaillent en ce moment au développement de leur concept dans plusieurs régions de France. "On a reçu beaucoup de messages de personnes qui souhaiterait organiser la même chose en régions, raconte Kristel, co-fondatrice du SMV. Cela nous pousse à nous poser la question de l’ADN de l’association, à ce qu’il faut garder." L’un des participants, séduit dès son premier rendez-vous, est même en train de tenter de développer le concept chez lui... au Brésil.

Retrouvez l'actualité du groupe SMV sur Tumblr, Facebook, Twitter, et découvrez les dates de leurs prochains rendez-vous sur leur agenda en ligne.