Un mannequin qui fait pipi favori pour le Turner Prize

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 02/12/2013 à 15H00
"Life Model" de David Shrigley

"Life Model" de David Shrigley

© Peter Muhly / AFP

David Shrigley, avec son mannequin qui urine dans un seau en métal, est le favori des bookmakers pour le Turner Prize qui sera décerné lundi soir à Derry (Irlande du Nord). Mais la concurrence est rude avec Tino Sehgal, Lynett Yiadom-Boakye et la Française Laure Prouvost.

C'est la première fois que ce prestigieux et parfois controversé prix d'art contemporain est attribué en dehors de l'Angleterre. Créé en 1984, il est réservé aux artistes de moins de 50 ans, qui résident, travaillent ou sont nés au Royaume-Uni. Il sera décerné cette fois au profit de la deuxième ville d'Irlande du Nord, élue en 2013 capitale britannique de la Culture.
 
Pour accompagner ce mouvement inédit, le jury a nominé quatre artistes à l'esthétique très différente. Outre le prestige, le Turner Prize vaudra au lauréat un chèque de 25.000 livres (30.000 euros).
 
Pour les bookmakers, le favori est le Britannique David Shrigley. Il présente une installation participative qui invite le public à s'inspirer d'un  modèle géant trônant au milieu de la salle. C'est un garçon-robot nu, aux traits disproportionnés et qui urine de temps en temps dans un seau en métal.
 
Une œuvre participative : l’artiste invite le public à dessiner
Les visiteurs reçoivent feuilles et stylos et sont invités à s'asseoir en cercle autour du mannequin bizarroïde pour le reproduire à leur guise et selon leur imagination. Les dessins sont ensuite placardés aux murs de la salle et viennent enrichir l'oeuvre.
 
L'installation fait rire mais aussi grincer des dents en Irlande du Nord où plusieurs instituteurs ont décliné l'invitation de la visiter avec leur classe. "C'est un peu trop", a résumé Denis Feeney, le directeur adjoint de St John, une école primaire de la ville.
 
Loué pour "son humour noir, son sens infini de la plaisanterie, et son intelligence macabre", par la Tate Britain, responsable du prix, David Shrigley semble remplir ainsi l'un des critères majeurs d'un digne vainqueur du Turner  Prize : l'esprit polémique, dans la lignée de précédents lauréats comme Tracey Emin, Damien Hirst ou encore Anish Kapoor.
 
Une artiste française sélectionnée
La vidéaste française Laure Prouvost, née à Croix près de Lille en 1978, qui travaille depuis quinze ans à Londres, est sélectionnée pour son œuvre Wantee et pour une installation présentée à la Whitechapel Gallery. Cette oeuvre est composée de collages de peintures, de dessins, et de vidéos sur le thème de la nature, faisant apparaître des oiseaux, une cascade,  des framboises, afin de retranscrire "la sensation, le goût du soleil".
 
Lynette Yiadom-Boakye, Londonienne d'origine ghanéenne, est la première artiste noire à être nominée pour le Turner Prize et la seule artiste peintre sélectionnée cette année. Ses tableaux, plongés dans une semi-obscurité, mettent en scène des personnages imaginaires.
 
L'artiste germano-britannique Tino Sehgal, né et basé à Berlin, est, lui, en lice pour ses performances faites de rencontres et de discussions entre volontaires et spectateurs organisées à la Tate Modern en 2012.