Turner Prize : des fesses géantes et un train miniature en finale

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 27/09/2016 à 11H17
Avec ces fesses géantes, Anthea Hamilton est finaliste du prestigieux Turner Prize 2016 (exposée ici à la Tate Britain, le 27 septembre 2016)

Avec ces fesses géantes, Anthea Hamilton est finaliste du prestigieux Turner Prize 2016 (exposée ici à la Tate Britain, le 27 septembre 2016)

© Solent News / SIPA

Une sculpture représentant une paire de fesses géantes et un train miniature qui balade les visiteurs dans une exposition : les finalistes du Turner Prize sont exposés à Londres en attendant l'annonce du lauréat de ce prestigieux prix d'art contemporain en décembre.

Les quatre finalistes du Turner Prize ont chacun pris possession d'une des salles de la Tate Britain, ouvertes au public de mardi jusqu'au 2 janvier.
 
Le prix, créé en 1984, est réservé aux artistes de moins de 50 ans qui résident, travaillent ou sont nés au Royaume-Uni. Réputé pour son  anticonformisme -et familier des controverses-, il compte parmi ses anciens lauréats des iconoclastes comme Damien Hirst et Anish Kapoor.
"Brood and Bitter" de Helen Marten, finaliste du Turner Prize (26 septembre 2016)

"Brood and Bitter" de Helen Marten, finaliste du Turner Prize (26 septembre 2016)

© Nils Jorgensen / REX / Shutterstock / SIPA


Anthea Hamilton devrait faire le débat

Cette année, c'est le travail d'Anthea Hamilton qui devrait faire l'objet d'un vif débat. Parmi les oeuvres de la Londonienne, une sculpture haute de près de cinq mètres représentant une paire de fesses -écartées par deux mains les empoignant-, ainsi que des ceintures de chasteté suspendues  à des chaînes.
 
"La recherche est au coeur de son oeuvre", explique à l'AFP Linsey Young, commissaire d'exposition à la Tate Britain. "Elle se sert de ses recherches, par exemple sur la musique disco et le lichen, comme d'un filtre pour regarder le monde."
 
Helen Marten, Londonienne elle aussi, expose des sculptures réalisées avec des matériaux peu communs, tels de la peau de poisson et des cubes de craie de billard.
Le petit train de Josephine Pryde, finaliste du Turner Prize, à la Tate Britain (26 septembre 2016)

Le petit train de Josephine Pryde, finaliste du Turner Prize, à la Tate Britain (26 septembre 2016)

© Guy Bell / REX / Shutterstock / SIPA


Le train miniature de Josephine Pryde a voyagé en Europe

"C'est une artiste qui commence par une phase d'écriture, avant de créer d'incroyables assemblages", souligne Linsey Young. "Elle veut placer le spectateur dans la posture d'un archéologue, qu'il imagine le travail réalisé pour aboutir à ces objets."
 
La troisième finaliste, Josephine Pryde, combine photographie et sculpture. Elle se sert pour cela de matériaux du quotidien, comme un plan de travail en bois blanchi par le soleil à Londres, Athènes et Berlin. Son oeuvre la plus saisissante est un train miniature recouvert de graffitis réalisés par des artistes des villes où il a été exposé.
 
"Elle aime exposer et analyser la manière dont les musées et les gens interagissent avec l'art", raconte Linsey Young.
Oeuvres de Michael Dean, finaliste du Turner Prize 2016 (26 septembre 2016)

Oeuvres de Michael Dean, finaliste du Turner Prize 2016 (26 septembre 2016)

© Guy Bell / Shutterstock /SIPA


Michael Dean : du poème à la sculpture

Le spectateur découvrira également le travail de Michael Dean, originaire de Newcastle (nord-est de l'Angleterre), qui utilise notamment de l'acier, de la terre, de la tôle et du sable.
 
"Michael Dean est un sculpteur qui, lui aussi, commence par l'écriture", note Linsey Young. "Il écrit des poèmes et des textes et réalise des polices de caractères qu'il transforme ensuite en sculptures."
 
Au coeur de la salle qui lui est consacrée, son oeuvre la plus ouvertement politique est un îlot fait de pièces d'un penny représentant 20.463 livres (23.526 euros), une somme égale au seuil de pauvreté défini par le gouvernement britannique pour une famille de deux adultes et deux enfants.
 
Le Turner Prize, du nom du peintre William Turner, sera décerné le 5  décembre. Pour Linsey Young, les jurés -des experts issus du milieu des arts- ne recherchent pas la polémique à tout prix. "Nous ne faisons pas en sorte d'être dans la provocation, assure-t-elle.  "Mais oui, parfois, il peut y avoir un cul géant au milieu d'une pièce."