Tensions à Toulouse autour d'une oeuvre jugée blasphématoire

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 03/10/2012 à 18H30
Le Pont Neuf de Toulouse.

Le Pont Neuf de Toulouse.

© Culturebox

Une oeuvre présentée à Toulouse ces jours-ci dans le cadre du festival de création contemporaine "Printemps de septembre" se retrouve au centre d'une controverse. Signée de l'artiste marocain Mounir Fatmi, il s'agit d'une installation vidéo, baptisée "Technologia", qui projette au sol des versets du Coran. Des musulmans se sont sentis blessés de voir des passants marcher sur lesdits versets. Le festival et l'auteur ont décidé d'un commun accord mercredi de mettre fin à la présentation de l'oeuvre.

Sur le sol du Pont-Neuf qui franchit la Garonne,  l'installation vidéo "Technologia" montrait des cercles inspirés des "rotoreliefs" de Marcel Duchamp et tournoyant avec à l'intérieur des versets calligraphiés du Coran et des hadiths (paroles) du prophète de l'islam Mahomet.

Mardi soir, les projections ont suscité des tensions quand l'installation s'est, selon différents interlocuteurs, mise en marche sans le dispositif de médiation prévu qui devait expliquer la démarche de l'auteur et empêcher les passants de marcher sur l'oeuvre.

Manifestation spontanée
Des dizaines de personnes (60 à 80 selon la police) se sont rassemblées spontanément pour empêcher les piétons, nombreux sur le pont, de fouler les projections de lumière. Selon la police, une jeune femme aurait été giflée pour avoir malencontreusement mis le pied sur les versets. Selon une manifestante au contraire, elle a été frappée parce qu'elle a par provocation défié les participants au rassemblement en marchant sur les halos de lumière.

Les manifestants ont fait appel à des jeunes des cités pour les soutenir. Selon différents témoignages, les manifestants ont pris l'initiative de disposer des barrières autour de la projection. La police a, elle, déployé des hommes de la Compagnie de sécurisation et d'intervention (CSI), mobilisée dans les situations tendues. L'arrivée d'un imam et ses appels au calme ont permis une dispersion sans heurts.

L'auteur croit à un malentendu
Mounir Fatmi, Marocain "d'origine musulmane" selon ses mots, s'est défendu de toute volonté de provocation et croit à un malentendu. Mais, comme "les conditions d'exposition de ma pièce ne sont pas réunies et qu'elles nuisent à sa lisibilité, et sutout à sa compréhension, je préfère la suspendre", a-t-il dit.