Tania Mouraud investit le Centre Pompidou-Metz pour une rétrospective inédite

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 03/03/2015 à 14H17
Tania Mouraud, une rétrospective du Centre Pompidou Metz 

Tania Mouraud, une rétrospective du Centre Pompidou Metz 

© France 3 / Culturebox

Le centre Pompidou-Metz accueille du 4 mars au 5 octobre 2015 la première rétrospective consacrée à la plasticienne française Tania Mouraud. Sculptures, photos, textes, installations vidéos, environ soixante-dix œuvres illustrent cinquante ans d'une carrière qui explore toutes les formes d'art.

Artiste protéiforme en recherche perpétuelle, Tania Mouraud s'installe au Centre Pompidou-Metz pour une rétrospective exceptionnelle de ses oeuvres. Le parcours propose une incursion dans la carrière de l'artiste à travers plus de 70 œuvres, dont certaines sont issues de la collection personnelle de Tania Mouraud.

À 73 ans, dont cinquante de création, Tania Mouraud ne s'est jamais interrompue dans sa réflexion sur la société et dans son approche de l'art contemporain.

Grégory Boileau / Emmanuel André /  Jean-Marie Nidercorn de France 3 Nancy ont rencontré l'artiste atypique lors du vernissage de l'exposition. 
Les chambres de méditation

Un focus particulier est porté aux chambres de méditation et aux photos-textes ou travaux sur le langage des années 1970, œuvres emblématiques du travail de Tania Mouraud. Dès 1968, l'artiste imagine dans chaque maison des "Initiation Rooms". Blanches, lumineuses et sonores, ces chambres d'initiation sont des espaces entièrement dédiés à l’introspection et à l’exploration de la perception.
Tania Mouraud dans l’oeuvre “One More night” / 1970 

Tania Mouraud dans l’oeuvre “One More night” / 1970 

© André Morain / CCC
L’exposition balaie, pour la toute première fois, l’ensemble de ses espaces d’initiation de manière exhaustive. La première chambre de méditation, One more night (1970), réalisée initialement dans le cadre de l’exposition éponyme à la galerie Rive Droite de Jean Larcade à Paris, fait l’objet d’une reconstitution exceptionnelle.

"Je suis un peu comme un gosse qui joue aux Lego"

Faire et défaire, sans cesse. S'arrêter lorsque l'acte de créer devient trop répétitif et usuel, Tania Mouraud ne cède jamais à la facilité. Son interrogation à propos de la question humaine résonne dans toute son oeuvre et dans sa démarche créatrice. Artiste touche à tout, elle ne s'est jamais enfermée dans un seul support.

"Je vais à fond dans ce que j'entreprends et à partir du moment où j'ai la sensation de devenir un artisan, j'arrête et je passe à autre chose. C'est un peu comme un gosse qui joue aux Légo et qui se donne à fond pour faire son avion qui ressemble à un bateau", dit-elle.
L'art comme des Légo par Tania Mouraud

L'art comme des Légo par Tania Mouraud

© France 3 / Culturebox
"J'aime surtout partager mes préoccupations"

La sélection du Centre Pompidou-Metz dévoile aussi un portrait engagé de Tania Mouraud : "Il n'y a pas de discours, il n'y a pas de message mais il y a ma douleur face à ce qui se passe, face à la destruction des oeuvres, face au fanatisme", confie Tania Mouraud.
Tania Mouraud au Centre Pompidou Metz lors du vernissage de la Rétrospective qui lui est consacrée - Mars 2015

Tania Mouraud au Centre Pompidou Metz lors du vernissage de la Rétrospective qui lui est consacrée - Mars 2015

© France 3 / Culturebox
1969 : l'autodafé

À l'occasion de la rétrospective qui lui est consacrée, le Centre Pompidou-Metz réactive des pièces historiques de la plasticienne.

Née en 1942 dans un milieu intellectuel, Tania Mouraud entre dans l'art par la peinture dès les années 60. Elle part très jeune en Angleterre où elle côtoie Joseph Beuys, John Cage et la Beat Generation. C'est là qu'elle décide, à l'âge de 23 ans, d'être artiste. Artiste était alors synonyme de peintre. Elle se passionne pour la scène artistique new-yorkaise où elle rencontre notamment Denis Openheim.

En 1969, à Paris, elle brûle toutes ses toiles, en faisant de cet autodafé un acte public et politique. Dès lors, elle ne s'interdira aucun domaine artistique.  
L'Autodafé, en 1969 Tania Mouraud décide de brûler toutes ses toiles

L'Autodafé, en 1969 Tania Mouraud décide de brûler toutes ses toiles

"J'ai grandi avec des gens qui refaisaient le monde et qui, à 3 heures du matin, lançaient : "Mais qu'est-ce que c'est que de vivre ?" Et la discussion reprenait », raconte-t-elle.

Ad nauseam

Le Centre Pompidou présente toute la diversité de l'oeuvre de Tania Mouraud : peintures, photos, installation vidéo et sonore. AD NAUSEAM est une installation audiovisuelle monumentale, présentée au MAC/VAL en septembre 2014, qui confronte le spectateur à l'un de ses thèmes majeurs, celui de la destruction par l’Homme de sa propre histoire.
"Ad Nauseum" présenté au MAC/VAL de septembre 2014 à janvier 2015

"Ad Nauseum" présenté au MAC/VAL de septembre 2014 à janvier 2015

© Mac/Val
L'amas de livres voués au pilon évoque ici les cadavres de la Shoah et rappelle une fois encore la question de la responsabilité de l'Homme. "Je cherche toujours d'autres difficultés à surmonter, admet-elle. C'est compulsif."
Tania Mouraud en 1968, posant devant Infini au carré 

Tania Mouraud en 1968, posant devant Infini au carré 

© Droits réservés
Tania Mouraud : une rétrospective au Centre Pompidou Metz
Du 4 mars au 5 octobre 2015
Le Centre Pompidou-Metz est ouvert tous les jours sauf le mardi et le 1er mai de 11h à 18h
Tarif modulable en fonction du nombre d’espaces d'expositions ouverts le jour de votre visite. : 7€ / 10€ / 12€