Succès de la collecte de Lego pour l'artiste dissident chinois Ai Weiwei

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 26/10/2015 à 11H56
Ai Weiwei, à Londres, en septembre 2015

Ai Weiwei, à Londres, en septembre 2015

© LEON NEAL / AFP

L'artiste dissident chinois Ai Weiwei va poursuivre son projet d'oeuvre d'art en Lego, après le succès éclair de sa collecte de briquettes lancée après avoir accusé le fabricant danois de lui avoir refusé une commande en invoquant ses motivations "politiques".

L'artiste, qui avait lancé son appel aux dons lundi matin sur son compte Instagram, a entre temps reçu suffisamment de promesses de la part des internautes pour pouvoir réaliser son projet en Australie, a-t-il indiqué lors d'une rencontre avec la presse à Berlin, où il réside depuis début août. "Internet est un peu comme une église moderne. Vous allez voir le prêtre, vous lui faites part de votre souffrance et tous les membres de la communauté peuvent participer et, peut-être, trouver une solution", a-t-il déclaré, selon des propos rapportés en allemand par l'agence DPA.

La firme créatrice du jeu de construction pour enfants a été entraînée dans une polémique sur les réseaux sociaux après que l'artiste ait fait savoir que Lego a refusé de l'approvisionner car l'entreprise "ne peut approuver l'utilisation de (ses briques) pour des oeuvres politiques". 

"Le studio Ai Weiwei annoncera (...) des points de collecte dans différentes villes" afin de récupérer des briques, avait révélé lundi matin un post sur le compte Instagram de l'artiste chinois. Une voiture rouge au toit ouvrant légèrement entrouvert, garée devant le studio pékinois de l'artiste, a été désignée "premier (point de collecte) de  (briques) Lego", selon une photo postée sur son compte Instagram.

Artiste polyvalent, peintre, sculpteur et plasticien, Ai Weiwei, qui a aidé à la conception du "Nid d'oiseau", le stade de Pékin construit pour les JO 2008, est aussi un critique féroce du gouvernement chinois, même si le climat de confrontation a semblé s'apaiser ces derniers temps.

Il avait utilisé des briques l'an passé, créant des portraits géants en Lego de dissidents politiques du monde entier, pour une exposition organisée dans l'ancienne prison d'Alcatraz, au large de San Francisco. Il comptait réaliser une exposition similaire cette année, en Australie.
Installation d'Ai Weiwei à Alcatraz en septembre 2014

Installation d'Ai Weiwei à Alcatraz en septembre 2014

© JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
Ai Weiwei a pointé le fait que la firme britannique Merlin Entertainments, propriétaire et exploitante des parcs d'attraction Legoland -qui utilisent l'univers de la marque danoise-, a annoncé son souhait de construire un nouveau parc à Shanghai, lors de la visite du président chinois Xi Jinping au Royaume-Uni. La maison-mère de Lego, Kirkbi, possède une participation de 30% dans Merlin. Dans un communiqué transmis au journal britannique The Guardian, la société Lego écrit vouloir "se consacrer à fournir une expérience de jeu créative aux enfants" et "s'abstenir -au niveau mondial-, de s'impliquer dans ou d'avaliser l'utilisation de briques Lego pour des projets ou des actions ayant des visées politiques", ajoutant que "ce principe n'est pas nouveau".