"Silk me back", kimonos d’artistes au profit du Japon au Musée des Tissus

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 19/03/2012 à 14H03
Des kimonos pour symboliser la renaissance

Des kimonos pour symboliser la renaissance

© Culturebox

Dans les moments difficiles, l'art peut apporter une forme de soutien et d'espoir. C'est à partir de cette idée qu'est née l'exposition "Silk me back". Au lendemain du séisme du 11 mars 2011 au Japon et de la catastrophe qui s'ensuivit, des artistes se sont demandé comment ils pouvaient être solidaires d'un tel drame. Leur réponse se trouve au musée des Tissus et à la fondation Bullukian à Lyon où sont exposées jusqu'au 25 mars une collection de kimonos et des oeuvres qui seront vendues aux enchères au profit d'enfants sinistrés. Une autre forme de don de soi(e)...

Avant d'être une exposition, "Silk me back" a d'abord été le nom d'une association créée au lendemain de la catastrophe japonaise par Isabelle Moulin, une lyonnaise férue d'art et de mode. Elle s'est demandée comment elle pouvait apporter un soutien aux sinistrés. Pour trouver la réponse, elle a puisé dans l'histoire de la soierie lyonnaise. En effet, dans les années 1850, la production textile de la ville a été gravement menacée par plusieurs maladies (la pébrine et la flacherie) qui empêchaient le ver à soie de fabriquer le précieux fil.  Ne trouvant aucun remède, la France importa dès 1855 la majeure partie de ses graînes (oeufs de vers à soie). Et d'où venaient-elles ? Du Japon, où les vers résistaient mieux aux maladies européennes."Silk me back" représente donc comme "un retour d'ascenseur", en souvenir de cette époque et de ces échanges qui n'ont dès lors, plus cessés entre Lyon et l'archipel.

L'idée d'Isabelle Moulin était simple : solliciter une vingtaine d'artistes, débutants ou confirmés, de styles et de pratiques très hétéroclites en leur demandant de créer deux oeuvres. L'un autour d'un kimono, l'autre présentant leur démarche habituelle. Les premières sont exposées au Musée des Tissus, les secondes à la Fondation Bullukian.


Avec l'aide de Bucol (Holding Textile Hermès) et des industriels de la soie lyonnaise, les propositions des artistes ont pu se décliner à travers une exposition dont la scénographie a été très travaillée pour faire écho au drame japonais à la fois dans la douleur mais aussi dans l'espoir de la renaissance. Les explications de Maximilien Durand, Conservateur au Musée des Tissus et au Musée des Arts décoratifs.

Au total, quatorze kimonos sont donc exposés, des pièces magnifiques qui, tout en étant très différentes les unes des autres, dialoguent entre elles et forment un très bel ensemble. Parmi ces kimonos, celui de Louise Harvey, une artiste québecoise qui a vécu à Lyon avant de s'installer à Bruxelles. Au moment de la catastrophe, elle travaillait déjà sur des tirages de photos pour exposition charitative à Bruxelles  au profit au Japon. Quand Isabelle Moulin l'a contactée, elle a dit oui tout de suite. Au Musée des Tissus, Louise présente "Hiver", un splendide kimono en soie et coton avec le décor d'une forêt qui semble submergée par les eaux.

Louise Harvey  parle du plaisir de la création, dans le but de venir en aide aux autres et pour cause :  la totalité de cette collection de kimonos sera en effet dispersée dans une vente aux enchères qui devrait avoir lieu fin septembre à Paris. Les bénéfices de cette vente seront ensuite reversés à deux associations, KnK (Enfants sans frontières) et au Furasato Project qui oeuvrent auprès des enfants sinistrés et des victimes du tsunami. 

Les artistes présentés : Hervé Bacquet, Matt Coco, Brigitte Faur Perdigou, Xue-Feng Chen, FMR, Marie-Hélène Guelton, Gorellaume, Louise Harvey, Frédéric-Jacques Huet, Yann Lévy, Ysabel de Maisonneuve, Fanny Maugey, Julien Morel, Ara Starck

"Silk me back" jusqu'au 25 mars au Musée des Tissus  et Musée des Arts décoratifs- 34 rue de la Charité 69002 Lyon -  et à la Fondation Bullukian - 26 place Bellecour 69002 Lyon