Russie : la censure politique interdit quatre expositions

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 10/06/2013 à 15H31
Un visiteur regarde sur un ordinateur deux affiches satiriques sur les jeux olympiques de Sotchi 2014, une des expositions interdites des "Nuits blanches de Perm", en Russie (juin 2013)

Un visiteur regarde sur un ordinateur deux affiches satiriques sur les jeux olympiques de Sotchi 2014, une des expositions interdites des "Nuits blanches de Perm", en Russie (juin 2013)

© NATALIA KOLESNIKOVA / AFP

Les autorités de la région russe de Perm, dans l'Oural, ont interdit quatre expositions d'un festival, dont celles moquant les JO de Sotchi de 2014 ou rappelant les manifestations de 2012, a indiqué lundi à l'AFP un des organisateurs, qui a dénoncé une opération de "censure".

"Au total trois expositions ont été fermées, et une quatrième n'ouvrira pas le 13 juin comme prévu", a déclaré à l'AFP le galeriste russe Marat Guelman, curateur du festival des "Nuits blanches de Perm" qui se tient jusqu'au 23 juin dans cette ville de l'Oural située à plus de 1.200 km à l'est de Moscou.
Outre une exposition satirique de l'artiste Vassili Slonov sur les Jeux Olympiques de Sotchi de 2014, chers au président Vladimir Poutine, deux autres expositions - une de peinture intitulée "Le nouveau Barbizon" et une de photographies des manifestations anti-Poutine à Moscou - se sont aussi vues contraintes de fermer.
La quatrième exposition, de l'artiste Artem Loskoutov, devait présenter des slogans absurdes parodiant des messages politiques. Selon M. Guelman, l'exposition de peintures a été fermée car les cinq artistes de Jérusalem y présentant leurs toiles ont apporté leur soutien à Vassili Slonov.
L'exposition de ce dernier, qui montrait des posters satiriques sous lesquels était écrit "Welcome! Sotchi 2014", a été qualifiée par le nouveau responsable régional pour la culture, Igor Gladnev, de "honteuse" et "inacceptable", a expliqué M. Guelman. Il a annoncé son intention d'ouvrir dès mardi les trois expositions interdites dans d'autres locaux.
"Nous verrons ce qu'il va se passer. J'espère qu'ils auront l'intelligence de ne pas se mêler de ça", a dit le galeriste, connu pour ses projets provocateurs et qui a déjà vu certains de ses projets interdits.  "La censure est inacceptable et illégale", a-t-il déclaré.