Record mondial pour « Le Cri » de Munch à New York

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 03/05/2012 à 09H01
Vente d'une version du "Cri" d'Edvard Munch chez Sotheby's à New York. Elle est partie pour plus de 119 millions de dollars (2 mai 2012)

Vente d'une version du "Cri" d'Edvard Munch chez Sotheby's à New York. Elle est partie pour plus de 119 millions de dollars (2 mai 2012)

© Mario Tama / AFP

Une version du « Cri » d’Edvard Munch a été adjugée 119,92 millions de dollars (90 millions d'euros) mercredi soir chez Sotheby’s à New York. Elle devient ainsi l’œuvre d’art la plus chère jamais vendue aux enchères

La vente dans la salle comble de la célèbre maison de ventes n’a duré que 12 minutes, grimpant parfois de plus de 10 millions en une minute. Sept acheteurs se sont âprement disputés cette oeuvre mythique du peintre norvégien, estimée à 80 millions de dollars.

La vente s'est terminée sous des applaudissements nourris, alors que le commissaire priseur, Tobias Meyer, annonçait "un record mondial".

Entre 1893 et 1910, Edvard Munch (1863-1944), peintre expressionniste norvégien, avait  réalisé quatre versions du « Cri » devenu au fil des ans le symbole de  l'angoisse universelle.

Le vendeur va construire un nouveau musée Munch avec le produit de ces enchères
Le pastel réalisé en 1895 et représentant un homme criant, les mains sur les oreilles, sur fond de ciel ensanglanté à Oslo, était la seule des quatre encore détenue par un particulier. Il appartenait depuis 70 ans à la même famille, celle  de l'homme d'affaires norvégien Petter Olsen, dont le père Thomas était un voisin, ami puis protecteur de Munch.

"J'ai vécu avec cette oeuvre toute ma vie, et son pouvoir et son énergie n'ont fait qu'augmenter avec le temps", a-t-il déclaré avant la vente. Avec les revenus qu’il en obtient, il a prévu de construire un nouveau musée dédié à l'artiste en Norvège.

Cette version a la particularité d'inclure, inscrit en lettres rouges sur son cadre de bois clair, le poème ayant inspiré cette oeuvre parmi les plus connues  au monde.

Deux versions du tableau appartiennent au musée Munch d'Oslo et la troisième à la Galerie nationale d’Oslo.

Le Cri, un symbole de l'angoisse
Le tableau, qui a fait l'objet d'innombrables livres, films et études, et a été décliné au fil des ans sur des tasses, calendriers, tee-shirts et autres objets de la vie quotidienne, est "l'une des rares images qui transcendent  l'art et l'histoire pour atteindre la conscience internationale", avait souligné Simon Shaw, responsable du département impressionnisme et art moderne de Sotheby's à New York avant la vente.

Dans son journal, le 22 janvier 1892, Munch  avait ainsi expliqué son inspiration pour "Le Cri": "Je me promenais sur un sentier avec deux amis. Le soleil se couchait. Tout à coup, le ciel est devenu rouge sang. Je me suis arrêté, épuisé, me suis appuyé sur une clôture, il y avait du sang et des langues de feu au-dessus du fjord bleu-noir et de la ville. Mes amis ont  continué, et je suis resté là, tremblant de peur. J'ai senti un cri infini qui passait à travers l'univers."

Le précédent record était détenu par un Picasso 
Huit œuvres d’art seulement avaient dépassé 80 millions de dollars dans une vente aux enchères. Le record mondial était détenu par un Picasso, « Nu au plateau de sculpteur », vendu 106,4 millions de dollars en mai 2010 chez Christie’s à New York, suivi par un bronze de Giacometti, "L'Homme qui marche"  (104,3 millions de dollars chez Sotheby's à Londres en février 2010). La troisième oeuvre à avoir dépassé 100 millions de dollars est un autre Picasso, "Garçon à la pipe" (104,1 millions de dollars en mai 2004).