Qui est le Golem ? Réponse plurielle dans une exposition au musée du Judaïsme

Par @Culturebox
Publié le 10/03/2017 à 19H19
(détail) Paul Wegener, Le Golem, comment il vint au monde, 1920. 

(détail) Paul Wegener, Le Golem, comment il vint au monde, 1920. 

© Deutsche Kinemathek, Berlin © succession Paul Wegener

De la légende de Prague à Hulk et aux robots, le musée d'art et d'histoire du Judaïsme interroge la modernité du Golem dans une nouvelle exposition. Les multiples figures de cet être mythique sont dans "Golem! Avatars d'une légende d'argile", à voir à Paris jusqu'au 26 juillet.

Dialogue entre haute culture et pop culture

"Golem !" présente cet "être d'argile animé à l'aide de lettres sacrées", figure mythique de l'histoire juive qui remonte au Moyen-Âge et popularisée au 19e siècle par la légende de Prague. Celle-ci raconte qu'un rabbin aurait fabriqué une créature d'argile (le golem) pour soulager et protéger les Juifs.
 
Mais on trouve au fil de l'exposition des oeuvres très récentes, où "dialoguent 'haute-culture' et pop-culture": des peintures côtoient des figurines de Hulk, des comics de Juifs américains ou encore des jeux vidéo comme "The Witcher" ou "Fullmetal Alchimist". 

Si la figure du Golem continue d'inspirer les artistes, c'est parce qu'elle véhicule "des questionnements plus que jamais d'actualité", selon Ada Ackerman, commissaire de l'exposition. Sa dernière partie est consacrée à ce que le musée parisien considère comme la "descendance du Golem": les robots.

Gérard Garouste "Le Golem" -  2011 Huile sur toile, 270 × 320 cm

Gérard Garouste "Le Golem" -  2011 Huile sur toile, 270 × 320 cm

© Collection de l’artiste © Adagp, Paris, 2017


Né au Moyen-Âge, le Golem interroge toujours

Dès le Moyen-Âge, les kabbalistes juifs et chrétiens s'interrogent : quelles implications morales et éthiques lorsqu'on donne vie à un Golem, c'est-à-dire un être à l'image de l'homme créé pour servir ?
 
Ces questionnements sont toujours valables aujourd'hui : êtres inanimés qui s'animent sous la volonté du savant, le robot comme le Golem peuvent être une figure protectrice ou un être destructeur qui se retournerait contre son créateur. 
Christian Boltanski "Le Golem" - 1988 Technique mixte, 19 × 11,5 × 27 cm

Christian Boltanski "Le Golem" - 1988 Technique mixte, 19 × 11,5 × 27 cm

© New York, The Jewish Museum © Adagp, Paris, 2017


136 oeuvres présentées et des projections

Peintures, objets, planches de BD, installations lumineuses, mais aussi extraits de films, de jeux vidéo ou de pièces de théâtre : les 136 oeuvres présentées offrent une multiplicité des supports qui rendent l'exposition très ludique. 
 
Le cinéma, ce "médium golémique" qui anime la matière inanimée, est particulièrement à l'honneur avec plus d'une douzaine de films et des projections organisées en marge de l'exposition. 

Steve Niles (texte), Dave Wachter (dessin) Breath of Bones. A Tale of the Golem .

Steve Niles (texte), Dave Wachter (dessin) Breath of Bones. A Tale of the Golem .

© © Dark Horse Comics

 

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