"Puisque le ciel est sans échelle", les émouvants dessins d'un déporté à Terezin

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 06/03/2015 à 18H11
Un dessin réalisé par Arthur Goldschmidt dans le camp de Terezin

Un dessin réalisé par Arthur Goldschmidt dans le camp de Terezin

© France3/culturebox

Le Centre d'Histoire de la Résistance et de la Déportation (CHRD) de Lyon présente "Puisque le ciel est sans échelle", une collection exceptionnelle de dessins réalisés dans le ghetto de Terezin par Arthur Goldschmidt. C'est son fils, l'écrivain Georges-Arthur Goldschmidt qui les avaient en sa possession. Il en a fait don au CHRD. L'exposition est à voir jusqu’au 28 juin 2015.

Reportage : Y. Marie / S. Adam / A.-S. Saboureau
L'écrivain Georges-Arthur Goldschmidt est notamment l'auteur de "Le poing dans la bouche"(Ed. Verdier), un récit autobiographique, qui reçut le prix France Culture en 2004. Né en Allemagne en 1928, il fuit le nazisme en 1938. A partir de cette date, il ne verra plus jamais son père Arthur. Ce magistrat fut déporté dans le camp de Terezin, qui se trouve dans l'actuelle République tchèque. C'est là qu'il réalisa de nombreux dessins entre 1942 et 1945. Ils restèrent ensuite en possession de son fils, Georges-Arthur, qui décida finalement de les léguer en 2011 au CHRD de Lyon. Un geste qui l'a "apaisé". 
La famille Goldschmidt, avant leur séparation en 1938

La famille Goldschmidt, avant leur séparation en 1938

© France3/culturebox
Terezin, un ghetto au coeur du mensonge nazi

Car cette histoire familiale est forcément dure à porter. Parce que les dessins de son père révèlent avec beaucoup de finesse et d'humanité l'horreur de ce ghetto de Terezin, anti-chambre des camps de la mort, qui fut au centre de la propagnande nazi. Ici, dans ce camp de transit, 144 000 juifs furent déportés. 33 000 y moururent à cause des conditions de vie terribles et 88 000 furent déportés à Auschwitz et d'autres camps d'extermination. A la fin de la guerre, il ne restait que 19 000 survivants. 

Pendant la guerre, les nazis se servirent de ce camp comme d'un instrument de propagande. Ils autorisèrent par exemple une visite de la Croix-Rouge pour faire taire les rumeurs à propos des camps d'extermination. Des magasins et des cafés furent construits pour donner une impresion de confort. L'expression artistique était autorisée, les enfants étaient scolarisés. Des films de propagande y furent également tournés. Claude Lanzmann décrivit en 2013 la véritable histoire de ce camp dans son documentaire, "Le dernier des injustes". 
Dessin réalisé par Arthur Goldschmidt dans le ghetto de Terezin

Dessin réalisé par Arthur Goldschmidt dans le ghetto de Terezin

© France3/culturebox
"Puisque le ciel est sans échelle" au Centre d'Histoire de la Résistance et de la Déportation de Lyon
Jusqu'au 28 juin 2015
14, avenue Berthelot, 69007 Lyon
Renseignements au 04 78 72 23 11