Oeuvre vandalisée place Vendôme : le président Hollande soutient l'artiste

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 20/10/2014 à 20H38
"The Tree" de Paul McCarthy avant d'être vandalisée place Vendôme.

"The Tree" de Paul McCarthy avant d'être vandalisée place Vendôme.

© CITIZENSIDE/Citizenside / citizenside.com/ AFP

Le président François Hollande s'est dit lundi soir "aux côtés" de l'artiste américain Paul McCarthy, dont l'oeuvre controversée intitulée "The Tree", a été vandalisée place Vendôme à Paris.

Hollande : "toujours respecter le travail des artistes"

"La France sera toujours aux côtés des artistes comme je le suis aux côtés de Paul McCarthy, qui a été finalement souillé dans son oeuvre, quel que soit le regard que l'on pouvait porter sur elle", a assuré le chef de l'Etat, qui s'exprimait à l'occasion de l'inauguration de la Fondation Louis Vuitton aux portes de Paris.

"Nous devons toujours respecter le travail des artistes", a-t-il exhorté. "La France est toujours prête à accueillir les artistes et les créateurs venant de tous les pays du monde", a encore souligné le chef de l'Etat, insistant: "La France n'est plus elle-même quand elle est recroquevillée, quand elle est tourmentée par l'ignorance, par l'intolérance."
   
Pour François Hollande, "le pays tomberait dans un déclin s'il renonçait à être lui-même, s'il avait peur de l'avenir, peur du monde", a-t-il encore souligné.

L'artiste a jeté l'éponge

Paul McCarthy a renoncé samedi à réinstaller son oeuvre polémique, vandalisée dans la nuit de vendredi à samedi par des inconnus qui ont débranché l'alimentation de la soufflerie servant à la gonfler.
   
Un inconnu avait giflé l'artiste jeudi pendant qu'il installait l'oeuvre sur la prestigieuse place parisienne, avant de réussir à prendre la fuite. De l'aveu même de Paul McCarthy, 69 ans, elle pouvait autant faire penser à un "plug anal" (un sextoy) qu'à un arbre de Noël.

L'installation, provisoire, était présentée sur la place Vendôme à Paris dans le cadre du parcours 'Hors les Murs' de la Fiac, qui s'ouvre mercredi à Paris.

"Une tendance particulière de l'art contemporain"

"Le choix de l'artiste fait par le comité directeur de la Fiac va dans le sens d'une tendance particulière de l'art contemporain, qui vise à expérimenter les limites d'acceptabilité d'une oeuvre", analyse de son côté la sociologue de l'art Nathalie Heinich.

Selon elle, "Passer commande à Paul McCarthy, c'était être assuré d'obtenir quelque chose de provocant, jouant soit sur l'obscénité, soit sur la scatologie, soit les deux. (...) Cet emballement dans la transgression illustre ce que j'appelle un +paradoxe permissif+: le fait que les institutions acceptent des transgressions artistiques force les artistes à aller toujours plus loin."

D'autres travaux de l'artiste doivent être exposés à partir du 25 octobre à la Monnaie de Paris, dans le cadre de sa première grande exposition française, "Chocolate Factory". Un avertissement sur la page web de l'exposition souligne que certaines oeuvres "peuvent être dérangeantes avec un caractère sexuellement explicite et parfois violent".