Musée Rodin : première visite au milieu des derniers préparatifs

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 07/11/2015 à 12H33
Laure Chavanne, restauratrice d'oeuvres, s'occupe du "toilettage" du célébre Baiser d'Auguste Rodin

Laure Chavanne, restauratrice d'oeuvres, s'occupe du "toilettage" du célébre Baiser d'Auguste Rodin

© France 2 Culturebox

Après trois ans de travaux, le musée Rodin à Paris va rouvrir ses portes le 12 novembre. Dans cet hôtel particulier du XVIIIe siècle où Auguste Rodin avait installé son atelier, tout a été revu : scénographie, normes, décors, et même les œuvres exposées dont certaines le sont pour la première fois. A quelques jours de l’ouverture, l’heure est aux derniers préparatifs.

Plus qu’un simple musée, cet hôtel Biron situé dans le 7e arrondissement de Paris fut dès 1908 l’atelier d’Auguste Rodin. C’est là que le sculpteur recevait clients, collectionneurs, amis, politiques, admirateurs. Le lieu devint musée en 1919 mais il aurait pu ne jamais exister. L'hôtel était promis à la démolition. Heureusement, Rodin eu l’idée de poser une condition quand il décida de donner ses œuvres à l’Etat : que celles-ci soient exposées à l’hôtel Biron.
 
Mais le lieu a été en quelque sorte victime de son succès (le musée accueille chaque année près de 700 000 visiteurs), du poids des ans et des oeuvres (une statue comme "Le Baiser" pèse 2,5 tonnes !). D'où la nécessité de lancer des travaux de rénovation qui ont concerné autant la forme que le fond : de la mise aux normes (électricité et accès aux personnes handicapées) au ravalement des parquets (les poutres qui les soutenaient s’affaissaient sous le poids des œuvres), des façades ou des fenêtres en passant bien sûr par la mise en scène pour que le public se sente « comme dans une demeure » dans ce musée répartit en 18 salles.

Reportage : A. Monteux / E. Denis / B. Pavelek / M. Maitrel
"Nous avons fait du deux en un", résume la directrice du musée. "Sur ces gros travaux de structure, nous avons greffé un travail approfondi de présentation des oeuvres", explique Catherine Chevillot. "Le parcours est plus fluide et le visiteur aura certainement une vision plus complète de la manière de réfléchir de l'artiste, une meilleure compréhension de son processus créatif". "On a ainsi pris le parti de remplacer des bronzes modernes par des plâtres originaux". "Plus de 500 oeuvres ont été réinstallées, ce qui est considérable", ajoute-t-elle."Ce n'est pas une révolution, mais une renaissance de l'hôtel Biron". 

Une salle retrouve son aménagement du temps de Rodin qui résida à l'hôtel Biron à partir de 1908 : le paravent derrière lequel se dévêtaient les modèles, une vierge médiévale, des bustes romains sur des caisses en bois et un kitchissime nain japonais. Deux espaces sont entièrement dédiés à la technique de Rodin. "Il s'agit de rendre le public plus conscient de l'importance du plâtre dans son oeuvre", souligne Catherine Chevillot. 

Coût de cette cure de rajeunissement: 16 millions d'euros, dont 51% à la charge de l'Etat et 49% fournis par le musée, seul parmi les établissements nationaux à autofinancer son activité et ses salaires. En dehors de l'accessibilité, l'un des investissements majeurs a concerné le mobilier de présentation des oeuvres, financé à hauteur de 2 millions d'euros par la fondation des collectionneurs Iris et B. Gerald Cantor, principaux mécènes du musée. "Nous souhaitions un mobilier inspiré du matériel d'atelier - sellettes,  établis -, comme l'aimait Rodin, et qui se fonde le plus possible dans le décor  de l'hôtel", précise la directrice. 

2 musées Rodin en Ile-de-France


Rappelons qu’il ya deux musées Rodin : l’un à Paris et l’autre à Meudon. Ce dernier a été construit en 1930 pour remplacer le pavillon de l’Alma, et inauguré en 1948. Y sont présentés de nombreux plâtres, dont ceux des œuvres monumentales de Rodin dans leurs états successifs : La Porte de l’Enfer ou encore Les Bourgeois de Calais.

Musée Rodin
Réouverture le 12 novembre
77 rue de Varenne, 75007 Paris
Ouvert tous les jours sauf le lundi de 10h à 17h45 – Nocturne le mercredi jusqu’à 20h45
Tarifs de 7 à 10 euros (accès gratuit le 12 novembre)