Poésie et lumière sur l'eau pour clore Marseille 2013, capitale de la culture

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 31/12/2013 à 08H54
Le Vieux Port de Marseille en novembre 2013 © BORIS HORVAT / AFP

Lancée le 12 janvier par une grande fête populaire, Marseille Provence 2013, capitale européenne de la culture, boucle les festivités mardi soir comme elle a commencé l'année, sur le Vieux-Port, au terme d'une manifestation qui a transformé la ville.

Coup d'envoi à 18H55 avec une extinction des lumières, suivie d'une "féerie aquatique" du Crystal Group et d'un spectacle pyrotechnique du groupe F, une compagnie arlésienne de renommée mondiale, qui aura auparavant embrasé l'étang de l'Olivier à Istres (Bouches-du-Rhône). Le directeur artistique Christophe Berthonneau promet "35 minutes de poésie, lumière, flammes, vidéo et feu d'artifice". 100.000 personnes sont attendues.

L'ouverture du MuCEM, musée national consacré à la Méditerranée
Les organisateurs dressent un bilan positif de l'"Année Capitale" qui s'achève avec un petit déficit de 3 millions d'euros sur un budget de 91 millions. Près de dix millions de visiteurs, dont nombre d'étrangers, ont arpenté les 90 communes du territoire.

Au coeur du succès, le MuCEM, musée national consacré à la Méditerranée inauguré début juin à Marseille, après un printemps un peu creux en termes de programmation. Ce cube de dentelle noire posé face à la mer, avec ses passerelles vers le fort Saint-Jean et le Panier offrant une vue imprenable sur l'horizon, a déjà attiré 1,8 million de touristes - dont un tiers venu découvrir les expositions payantes -, dévoilant un quartier oublié.
Le MuCEM, Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée, construit par l'architecte Rudy Riciotti, 1,25 million de visites depuis son ouverture en juin

Le MuCEM, Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée, construit par l'architecte Rudy Riciotti, 1,25 million de visites depuis son ouverture en juin

© ERIC BERACASSAT / AFP

Tout au bout d'un Vieux-Port rénové et rendu aux piétons, "les Marseillais ont retrouvé un lieu de promenade", se félicite Jean-François Chougnet, directeur de l'association organisatrice. Des musées ont éclos sur la façade portuaire, près de la cathédrale de la Major : Regards de Provence en lieu et place de l'ancienne station sanitaire, la Villa Méditerranée à la vocation encore floue, et le J1, hangar ouvert sur les ferries partant pour l'Algérie.

Mis à disposition par le port pour Marseille Provence 2013, cet espace industriel a fermé ses portes, sur une exposition rendant hommage, dans la ville de la Cité radieuse, à l'architecte Le Corbusier (75.000 visiteurs).
La Cité radieuse de Le Corbusier, à Marseille (archives, 2002)

La Cité radieuse de Le Corbusier, à Marseille (archives, 2002)

© Gérard Julien / AFP
De nouveaux lieux et des expositions à foison
De nouveaux lieux (660 millions d'euros investis pour une vingtaine de chantiers), des expositions à foison (Le grand atelier du Midi, diptyque entre Aix et Marseille, Rodin à Arles, de l'art contemporain à la friche de la Belle de Mai...) et des "manifestations atypiques" qui ont attiré foule : l'année culturelle, loin de l'échec annoncé, a changé l'image de Marseille, plus habituée à la rubrique faits divers. Et aussi un peu le quotidien des habitants, avec un métro désormais ouvert jusqu'à 01H du matin.
Parmi les 900 projets, citons le GR2013, sentier périurbain unique en son genre dessiné par une dizaine d'artistes-marcheurs, "Entre flammes et flots", une spectaculaire mise en lumières du port début mai, "Cuisines en friche" ou encore la "TransHumance" qui vit plus de 4.000 moutons, chevaux, vaches envahir les rues de la cité phocéenne.
Transhumance sur le Vieux port de Marseille le 9 juin 2013

Transhumance sur le Vieux port de Marseille le 9 juin 2013

© GARDEL BERTRAND / HEMIS.FR
Inespérée aussi, l'entente des différentes collectivités, après une genèse compliquée, "permet d'être optimiste sur l'avenir" et la construction de la future métropole, souligne M. Chougnet.

Mais quelques regrets
"La rencontre n'a pas eu lieu avec le rap marseillais", reconnaît l'organisateur. Une partie de la scène rap n'a pas caché sa frustration, se sentant exclue de la manifestation : du groupe IAM et la Fonky Family à Psy 4 de la rime ou Keny Arkana, les artistes rêvaient d'un lieu pérenne dédié au hip-hop.

Les perspectives s'annoncent floues : les politiques se montrant frileux à l'approche des municipales. Un rendez-vous de type biennale a été évoqué et des réflexions sont en cours, autour du cirque ou de l'art contemporain, en vue d'une grande manifestation début 2015 mais rien n'a été décidé.