Les Arts et traditions populaires s'installent au Mucem, à Marseille

Par @valerieoddos Journaliste, responsable de la rubrique Expositions de Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 11/01/2013 à 13H50
Un ouvrier sur le toit du Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée (MuCEM) de Marseille qui ouvrira ses portes en juin

Un ouvrier sur le toit du Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée (MuCEM) de Marseille qui ouvrira ses portes en juin

© Boris Horvat / AFP

Depuis quatre mois, les collections de l’ancien musée des Arts et traditions populaires quittent peu à peu Paris, direction Marseille où elles revivront au Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (MuCEM), qui ouvrira en juin. En attendant, une opération portes ouvertes est organisée pour découvrir le bâtiment, dimanche 13, à l'occasion du lancement de Marseille Provence 2013

Clarines pour la transhumance, engins agricoles, alambics, gerbes de blé tressées, attractions de fêtes foraines, objets religieux, parures de mariées, vêtements traditionnels, tableaux, photographies, films... les trois quarts des objets du nouveau MuCEM proviennent des collections du musée des Arts et traditions populaires (ATP), créé en 1937 sous le Front Populaire à  l'initiative de Georges Henri Rivière (1897-1985) et fermé depuis 2005.
 
S'y ajoutent des objets provenant du musée de l'Homme. Enfin, plus de 20.000 autres ont été acquis depuis une dizaine d'années dans la perspective de la création du MuCEM, réorienté vers la civilisation méditerranéenne. Au total, un million de lots ont été répertoriés dont 500.000 photographies.
 

Depuis septembre, ces objets populaires évoquant une France rurale en grande partie disparue déménagent du bâtiment où étaient installés les ATP depuis 1972, à l'entrée du Bois de Boulogne à Paris. Chargés dans des semi-remorques, ces objets sont convoyés jusqu'au tout nouveau Centre de conservation et de ressources (CCR) du MuCEM.
 
Le MuCEM a été réalisé à l'entrée du Vieux-Port par Rudy Ricciotti
Conçue par l'architecte Corinne Vezzoni sur un ancien terrain militaire, dans le quartier de la Belle de Mai, cette élégante construction abrite les  réserves du musée.
 
Le bâtiment principal du MuCEM, réalisé par Rudy Ricciotti, est situé pour sa part un peu plus loin, sur la jetée numéro 4, à l'entrée du Vieux-Port et à côté du fort Saint-Jean, devenu partie intégrante de l'ensemble culturel.
 
Samedi, le président François Hollande doit visiter le bâtiment du J4, dessiné depuis onze ans et dont la construction est quasiment achevée. Dimanche, une opération portes ouvertes est organisée.
 
Le premier transfert intégral d'un musée national en région
"Il s'agit du premier transfert intégral d'un musée national dans une capitale régionale", relève Bruno Suzzarelli, le directeur du MuCEM. "L'objectif de fréquentation est de 300.000 à 350.000 visiteurs par an."
 
Les travaux ont été financés par l’Etat, à 70%,  et par les collectivités locales, à 30%. C’est l'Etat qui prendra en charge les frais de fonctionnement de ce musée national,  appelé à devenir prochainement un établissement public.
 
Le MuCEM est le fruit d'une décentralisation culturelle radicale, décidée en 2000 sous le gouvernement de Lionel Jospin. Le musée d'ethnographie des ATP, centré sur la France, avait vieilli et ne recevait plus que 30.000 visiteurs  par an, rappelle M. Suzzarelli. Son directeur d’alors, Michel Colardelle, a proposé son transfert en dehors de Paris et sa réorientation européenne.
 
Le musée recentré sur les civilisations méditerranéennes
Par la suite, le nouveau musée a été recentré autour des civilisations  méditerranéennes. Mais les espaces restaurés du fort Saint-Jean permettront de montrer des objets d'autres régions à l'occasion d'expositions thématiques.
 
Les coiffes bretonnes et les armoires normandes ne seront donc pas condamnées à rester dans les réserves. Elles pourront aussi faire l'objet de  prêts.