Les papiers découpés de Matisse à Londres : "Mes courbes ne sont pas folles !"

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 24/04/2014 à 17H29
L'atelier d'Henri Matisse

L'atelier d'Henri Matisse

© Succession Henri Matisse

La Tate Modern de Londres a décidé de rendre hommage à la dernière période de la vie d'Henri Matisse, celle où il ne créait plus que par le truchement de papiers découpés, les "Cut-Outs" comme disent les Britanniques. A très juste titre, l'institution londonienne considère cette période comme un chapitre majeur de sa longue carrière, très loin d'un pis-aller.

« MES COURBES NE SONT PAS FOLLES !!! »
Henri Matisse dans son atelier

Henri Matisse dans son atelier

© Lydia Delectorskaya
Voilà ce que disait Henri Matisse à propos de ses papiers découpés. Il était un grand adepte du fil à plomb pour les installer dans l’espace. Jusqu’à sa mort, et malgré la maladie qui l’empêchait de peindre pendant ses 11 dernières années, la composition de ses œuvres a été tout à fait rigoureuse.
Nu Bleu (I), 1952

Nu Bleu (I), 1952

© © Fondation Beyeler - photo © Robert Bayer, Bâle
 
Il faut le voir attaquer le papier coloré à la gouache de ses grands ciseaux pour comprendre son énergie ! Un film tourné par Adrien Maeght au début des années 50 révèle tout son allant dès le début de l’exposition : « Découper à vif dans la couleur me rappelle la taille directe des sculpteurs » écrivait le maître qui dessinait littéralement avec ses ciseaux et retrouvait les plaisirs en 3D de son plus jeune temps.
 
La Tate Modern de Londres consacre la plus grande expo à ce jour consacrée à ce mode d’expression du peintre… Ou comment transformer un handicap en une nouvelle carrière en 120 oeuvres. Ce qu’on appelle pudiquement la période tardive des artistes est rarement aussi vivace et réussie que celle de Matisse. Lui y trouve une nouvelle fraîcheur, une joie juvénile autant qu’un moyen de ne pas mettre un terme à sa création.

Il faut le voir juché sur une chaise dessiner les vitraux d’une chapelle à l’aide d’un fusain fixé au bout d’une longue tige, en vraie grandeur !...
Nuit de Noel, 1952

Nuit de Noel, 1952

© photo MoMA
Matisse s’acharnait à produire du plaisir et du bonheur pour les autres, là où un autre se serait lamenté de frustration.
Une leçon de vie à boire jusqu’à la lie si vous avez la chance de passer par Londres avant le 7 septembre 2014 !
L’Escargot,1953

L’Escargot,1953

© Tate
The Matisse "cut-outs" à la Tate Modern, Londres
Jusqu'au 7 septembre 2014