Léonard de Vinci de Londres à Turin

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 05/12/2011 à 10H23
A gauche, Portrait de Cecilia Gallerani (La dame à l'hermine), vers 1489, à droite : le Christ en Salvator Mundi, vers 1499, collection privée

A gauche, Portrait de Cecilia Gallerani (La dame à l'hermine), vers 1489, à droite : le Christ en Salvator Mundi, vers 1499, collection privée

© A gauche propriété de la Fondation Czartoryski à Cracovie, dépôt au musée national de Cracovie - à droite © 2011 Salvator Mundi, LLC. Photo Tim Nighswander/Imaging4Art

Une exposition historique réunit à la National Gallery de Londres neuf des quinze peintures réalisées par Léonard de Vinci qui subsistent. Pendant ce temps, les Musées du Capitole, à Rome, confrontent ses dessins à ceux de l’autre grand maître de la Renaissance, Michel-Ange. A Turin, c’est un autoportrait rarissime de Léonard qui est exposé en même temps que d’autres dessins

La National Gallery expose 15 des 20 peintures de Léonard de Vinci
A Londres, la Joconde, trop fragile, n’a pas fait le voyage. Mais c’est un évènement de rassembler, comme la National Gallery l’a fait, autant de peintures de Léonard de Vinci (1452-1519). Egalement inventeur, anatomiste, scientifique, philosophe et architecte, l’artiste n’a peint qu’une vingtaine d’œuvres, dont quinze sont parvenues jusqu’à nous. Certaines n'avaient jamais quitté l'Italie ou la France.

Léonard de Vinci, Portrait de femme ('La Belle Ferronnière'), vers 1493–94, Musée du Louvre, Paris

Léonard de Vinci, Portrait de femme ('La Belle Ferronnière'), vers 1493–94, Musée du Louvre, Paris

© RMN / Franck Raux

La National Gallery a choisi de se concentrer sur la peinture et les dessins de Léonard, dont une cinquantaine sont présentés. L’exposition met en avant l'intense travail de préparation de ses peintures. Des œuvres datant des 17 années où il fut artiste à la cour du duc Ludovic Sforza à Milan, à la fin du 15e siècle.

Deux versions de la « Vierge aux rochers » réunies
Jusqu'au 5 février, les visiteurs pourront ainsi voir pour la première fois côte à côte les deux versions très différentes de la "Vierge aux rochers", celle du Louvre et celle de la National Gallery, qui a été restaurée et qui, comme beaucoup des œuvres de Léonard, est inachevée.

Ces presque ébauches sont "une bénédiction cachée" qui permet de découvrir les techniques utilisées par l'artiste et aussi la "marque d'une oeuvre toujours en devenir", souligne Larry Keith, le conservateur du musée.

Léonard de Vinci, Etude pour un Dernier repas, vers 1492 - Gallerie dell'Accademia, Venise

Léonard de Vinci, Etude pour un Dernier repas, vers 1492 - Gallerie dell'Accademia, Venise

© Soprindendenza Speciale per il Polo Museale Venezia

L'exposition présente trois portraits considérés comme ayant révolutionné le genre: "Le Musicien", unique portrait d'homme peint par Léonard de Vinci, "La Belle Ferronnière" et surtout "La Dame à l'hermine", une peinture sur bois décrite comme le chef-d'oeuvre de ses années lombardes et le premier portrait réellement moderne, où l'expression du visage reflète l'intériorité du  personnage.

« Salvator Mundi », un Christ attribué très récemment à Léonard
Volée par les nazis, cette peinture, qui représente probablement la maîtresse de Sforza, a été restituée à la Pologne après la seconde guerre mondiale. Elle a déjà été exposée cette année à Madrid puis à Berlin, où le public a attendu jusqu’à huit heures devant le Bode Museum pour la voir. « La Dame à l’hermine » regagnera ensuite Cracovie pour ne plus en bouger pendant au moins dix ans, a averti le ministre polonais de la Culture.

Autre attraction: "Salvator Mundi", une oeuvre représentant un Christ qui tient dans une main un globe de verre. On a cru pendant des siècles qu'elle était l'œuvre d'un des élèves du maître. Elle ne lui a été attribuée que très récemment.

La billetterie de la National Gallery a été prise d’assaut dès avant le début de l’exposition début novembre et le musée affiche complet jusqu’à la fin, annonce son site internet. Les places sont d’autant plus rares que le nombre de visiteurs simultanés est limité à 180 au lieu des 230 habituellement autorisés. Un certain nombre de tickets sont toutefois disponibles chaque jour pour les acheteurs de dernière minute.

Léonard de Vinci à Rome et à Turin
En même temps que l’exposition de Londres, les Musées du Capitole à Rome confrontent Léonard de Vinci à l’autre grand maître de la Renaissance, Michel-Ange, à travers 66 dessins, dont une énigmatique Cléopâtre de Michel-Ange et des études scientifiques de Léonard de Vinci. Jusqu’au 12 février 2012.

Et à Turin, c’est un autoportrait rare que Léonard de Vinci qui est exposé à la Reggia di Venaria. Dessiné à la sanguine à la fin de sa vie, il a très rarement été montré au public. Il est exposé avec les œuvres d’artistes qui, au cours des siècles, se sont inspirés de son génie.