Le street-artiste italien Ericailcane revisite ses dessins d'enfants au Musée du Temps de Besançon

Par @Culturebox
Mis à jour le 02/08/2017 à 10H41, publié le 02/08/2017 à 10H13
Ericailcane a revisité ses dessins d'enfants.

Ericailcane a revisité ses dessins d'enfants.

© Ericailcane / capture d'écran

Les dessins d'enfants ne se conservent plus seulement accrochés au réfrigérateur. Au musée du temps à Besançon (Bourgogne-Franche-Comté), on peut voir les dessins d’enfants du street-artiste italien Ericailcane, s’opposer à leur version retravaillée. Jusqu'au 17 septembre, l'exposition "Potente Di Fuoco" permet d'appréhender le passage artistique et humaniste, de l'enfance à l'âge adulte.

Daprès l'Institut Culturel Italien de Chicago, Erica Il Cane "appartient à la nouvelle génération d'artistes européens de la rue qui ont révolutionné la façon de concevoir l'espace public." C'est donc un petit évènement que de le voir en intérieur car généralement il refuse de s'y produire. Spécialiste des grandes surfaces et connu dans le monde entier, en témoignent ses nombreuses collaborations, il a accepté de déchirer quelques pages de ses cahiers de dessins le temps d'une exposition au Musée du Temps à Besançon.
 
Reportage France 3 Franche-Comté S. Poirier / D. Martin / R. Regard

Appréhender le temps qui passe et se découvrir

L'exposition est née d'un geste tout ce qu'il y a de plus banal. Celui d'un adulte qui redécouvre ses dessins d'enfants précieusement conservés par son père. Alors que Leonardo alias Ericailcane (Erica le chien en italien) continue de se passionner pour l'invention de nouvelles espèces animales, son père lui transmet plusieurs dessins datant de son enfance. Vingt ans plus tard, l'artiste les expose et les oppose à leur réinterprétation contemporaine. 
La première partie de l'exposition présente des personnages seuls.

La première partie de l'exposition présente des personnages seuls.

© Ericailcane
Dans la première partie de l'exposition, quarante diptyques réalisés avant 2009, mettent en scènes animaux et autres créatures, parfois réels ou hybrides, humanisés ou robotiques. Le plus souvent, les personnages sont seuls. La principale difficulté était de rester fidèle à ses dessins d'enfants sans chercher à les sur-interpréter, pour suivre son évolution artistique à travers le temps.
Quelques dessins d'enfants et leur ré-interprétation.

Quelques dessins d'enfants et leur ré-interprétation.

© Ericailcane
La seconde partie de l'exposition est une exclusivité au Musée du Temps de Besançon. Elle présente des dessins datant d'après 2010, où les créatures y sont contextualisées. Ces esquisses retranscrivent les principaux engagements de Leonardo face à des thématiques contemporaines.
La deuxième partie de l'exposition met en scène les animaux. 

La deuxième partie de l'exposition met en scène les animaux. 

© Ericailcane « Potente di Fuoco » Galerie Le Belvédère / Strip Art Le Blog

Etudier le passage du temps et lutter pour la cause animale

Il aurait pu s'afficher au Musée des Beaux-Arts mais le choix du Musée du Temps revêt une signification toute particulière. Pour Marion Gloret, adjointe au conservateur du musée du temps, "cette exposition peut se concevoir comme une étude du temps qui passe, pas au sens scientifique, mais d'un point de vue artistique et humain." Ces dessins viennent aussi témoigner de l'implication naturaliste et écologique de l'artiste. 

Ses dessins d'enfants traduisent un goût profond pour la nature et le monde animal. Ce sont des goûts qu'il a toujours. Il les manifeste autrement, il est engagé pour la défense de l'environnement. Avec des fresques et des dessins, il dénonce la destruction de monde naturel et animal.

Marion Gloret, adjointe au conservateur du musée du temps

 

Leonardo est avant tout un muraliste qui laisse déferler son imagination sur les façades et les constructions. Inspiré par les illustrations pour enfants de l'époque victorienne, il s'inscrit dans la tradition du style graphique de Grandville, illustrateur et caricaturiste français de la première moitié du XIXe siècle qui utilisait déjà le langage du dessin fantastique et zoomorphe. Sa notoriété grandissante l'amène à parcourir le monde et à collaborer avec d'autres artistes locaux ou internationaux. En 2013, il s'était rendu à Smira au Maroc, pour peindre de nouvelles silhouettes animales sur les habitations du village avec Andreco, un autre street-artiste italien, en plein désert du Sahara. 

Au final, cette exposition s'adresse au plus grand nombre car elle ne présente pas seulement un artiste et son œuvre. Elle raconte le temps qui passe et comment chacun appréhende sa propre évolution.