Le Grand Palais sera en travaux entre 2020 et 2024

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 06/09/2016 à 16H38
Le Grand Palais pendant la Fiac (21 octobre 2015)

Le Grand Palais pendant la Fiac (21 octobre 2015)

© Gilles Bassignac / JDD / Sipa

On en sait désormais plus sur le chantier qui va démarrer au Grand Palais. L'institution engagera en 2020 d'importants travaux de rénovation qui nécessiteront de fermer totalement le bâtiment pendant deux ans mais permettront de "faire entrer pleinement le monument dans le XXIe siècle", a déclaré à l'AFP sa présidente Sylvie Hubac.

Cet ambitieux chantier de restauration et de réaménagement, qui s'achèvera à la mi-2024, coûtera au total 436 millions d'euros, a précisé Sylvie Hubac, qui a pris la tête de l'établissement public Réunion des Musées nationaux - Grand Palais (RMN-GP) en février.

Ce projet a été porté par Jean-Paul Cluzel, le prédécesseur de Sylvie Hubac. Le schéma directeur de rénovation du bâtiment, qu'il avait préparé depuis 2010, a reçu le feu vert définitif du gouvernement en février.

L'État financera les deux tiers du chantier (200 millions d'euros de dotation en capital, le reste sous forme de subvention du ministère de la Culture). La RMN-Grand Palais un tiers (150 millions), via un emprunt sur trente ans. "Ce sera le grand chantier culturel de la décennie à venir" à Paris, souligne la présidente du Grand Palais.

Le site totalement fermé à partir de novembre 2020

Le chantier sera installé au printemps 2020. "En novembre 2020, nous fermerons totalement le site" pour deux ans (2021 et 2022), précise Sylvie Hubac. Puis la nef (salons, grands événements) et les galeries (expositions artistiques) seront rouvertes en 2023.

De son côté, le Palais de la découverte (expositions scientifiques) restera fermé jusqu'au printemps 2024. "Nous voulons avoir absolument tout terminé en juin 2024 car nous faisons partie des monuments qui accueilleront les jeux Olympiques si la candidature de Paris est retenue", souligne Sylvie Hubac.

Mais d'ici au début des travaux, "nous avons encore trois ans et demi d'exploitation complètement normale du Grand Palais", assure-t-elle. Le Grand Palais accueille chaque année 2 millions de visiteurs.

Deux enjeux : le patrimoine et l'accès à la modernité

Construit pour l'exposition universelle de 1900, "le Grand Palais a été maltraité au fil du temps". "Il a été cloisonné, morcelé, occupé par diverses administrations dont certaines sont encore un peu là", explique à l'AFP Sylvie Hubac, une proche du président François Hollande dont elle a été la directrice de cabinet.

"Le premier enjeu" de la restauration est "patrimonial", souligne-telle. "Il s'agit de retrouver la splendeur et les volumes d'origine du bâtiment, de le décloisonner, de rétablir ses circulations qui sont devenues illisibles."

"Nous allons en profiter pour faire de ce bâtiment du XXe siècle un bâtiment aux normes du XXIe siècle, totalement ancré dans la modernité, avec des fonctionnalités d'aujourd'hui." C'est le deuxième enjeu. "Les modalités d'accueil des différents publics du Grand Palais, peuvent être très largement améliorées", estime-t-elle.

Des galeries vont rouvrir, la capacité d'accueil va augmenter

"Actuellement beaucoup de galeries autour de la nef sont fermées pour des raisons de sécurité, d'absence de mise aux normes." La rénovation permettra d'utiliser les douze galeries, de rétablir les circulations sur les balcons actuellement fermés.

"La capacité d'accueil du bâtiment va augmenter de 30%", pointe Mme Hubac. La nef, qui reçoit salons (Fiac...) et grands événements (Monumenta...), verra sa jauge doubler: elle pourra accueillir 11.000 personnes, contre 5.600 actuellement.

"Faire dialoguer à nouveau les arts et les sciences"

La circulation du public sera repensée. Les visiteurs des galeries nationales comme ceux du Palais de la découverte, géré par Universcience, entreront par une entrée unique, située square Jean Perrin (côté Champs Elysées). Ils emprunteront ensuite une "rue des Palais" qui descendra en pente douce pour rejoindre les espaces d'expositions artistiques ou ceux consacrés à la science.

"L'idée c'est de faire dialoguer à nouveau les arts et les sciences. Actuellement, ils se tournent un peu le dos", estime Sylvie Hubac. Enfin, l'installation d'un belvédère et d'un restaurant sur les toits est aussi envisagée.

La restauration du monument historique coûtera 137 millions d'euros, son réaménagement 255 millions et la refonte de la muséographie du Palais de la Découverte 44 millions. "Ce sera le grand chantier culturel de la décennie à venir", souligne Sylvie Hubac.

"C'est un projet exceptionnel qui va nous doter d'un objet unique au monde, qui mélangera le culturel, l'événementiel, le commercial, avec des événements en tout genre, sur une surface beaucoup plus grande qu'aujourd'hui".

Le coup d'envoi de la saison d'automne sera donné par l'exposition "Hergé" (à partir du 28 septembre) suivie par "Mexique 1900-1950" (à partir du 5 octobre).