Le Centre Pompidou reçoit un don d'art soviétique et russe contemporain

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 24/08/2016 à 10H19
Le Centre Pompidou a reçu un don de 250 oeuvres soviétiques et russes contemporaines. Ici, Yuri Albert : "Venez chez moi ! Je serai heureux de vous montrer mes travaux", 1983, Don de la Vladimir Potanin Foundation

Le Centre Pompidou a reçu un don de 250 oeuvres soviétiques et russes contemporaines. Ici, Yuri Albert : "Venez chez moi ! Je serai heureux de vous montrer mes travaux", 1983, Don de la Vladimir Potanin Foundation

© Fond : Javier Gil / Only France - oeuvre de Yuri Albert : Vladimir Potanin Foundation / Centre Pompidou

Plus de 250 oeuvres soviétiques et russes contemporaines "réunies avec le soutien exceptionnel" de la Fondation Vladimir Potanine ont été données au Centre Pompidou qui les exposera à partir du 14 septembre (jusqu'au 27 mars).

"L'ensemble ainsi constitué, composé d'oeuvres d'artistes majeurs, offre un  panorama, sans prétention à l'exhaustivité, de quelque quarante années d'art  contemporain en URSS puis en Russie",  souligne le Centre Pompidou dans un communiqué. Il a été offert au Musée national d'art moderne "grâce à la générosité de la Vladimir Potanin Foundation, des collectionneurs, des artistes et leurs familles", précise le texte.
 
La collection présente ainsi des artistes de deux importants mouvements apparus dans les années 1970 : l'école conceptualiste de Moscou, "à la croisée de la poésie, de la performance et des arts" (Ilya Kabakov, Viktor Pivovarov...) et le "Sots Art" qui "détourne dans une veine pop les codes de la propagande soviétique" (Boris Orlov, Leonid Sokov...)

Pendant la perestroïka, des années bouillonnantes

Au milieu des années 1980, l'avènement de la perestroïka est marqué par un "bouillonnement créatif" et l'influence d'une culture underground, avec de jeunes artistes comme le groupe Pertsy à Moscou, Oleg Kotelnikov, Timur Novikov  à Leningrad.
 
"Signe fort d'un engagement pérenne du Musée national d'art moderne, les oeuvres rassemblées rejoignent les collections nationales" qui comptent déjà "des fonds modernes de référence - Kandinsky, Larionov ou Gontcharova - ainsi que plusieurs oeuvres contemporaines majeures acquises depuis les années 1980",  précise le Centre Pompidou.
 
Pour son président Serge Lasvignes, cette donation "rappelle qu'à tous moments de son histoire, en Russie, l'art n'a cessé de se métamorphoser quels qu'aient été les tourments de l'histoire".

"Raconter la Russie au reste du monde"

Pour sa part,  Vladimir Potanine, patron de la holding russe Interros, s'est dit "convaincu que l'art et la culture sont les meilleurs moyens de raconter la Russie au reste du monde".
 
"Renforcer la collection russe du Centre Pompidou est un acte symbolique qui a pour but d'encourager l'intégration de l'art russe dans la culture vivante. En donnant, il y a quelque temps, le Carré Noir de Malevitch au musée  de l'Hermitage (Saint-Pétersbourg),  je souhaitais déjà faire un acte  symbolique, et il a été suivi d'un bon nombre de donations au fonds de ce musée", souligne l'homme d'affaires.
 
Selon le classement du magazine Forbes, Vladimir Potanine était en 2015 l'homme le plus riche de Russie avec une fortune de 15,4 milliards de dollars.
 
Fin juin,  un couple de collectionneurs new-yorkais, Thea et Ethan Wagner, a donné 350 oeuvres au Centre Pompidou français. De grands noms, Jeff Koons, Cindy Sherman, Christopher Wool, Richard Prince y côtoient de jeunes artistes d'avant-garde.