Le Centre Pompidou-Metz ne fait pas recette : réunion au sommet

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 22/09/2013 à 16H35
Le Centre Pompidou-Metz (février 2012)

Le Centre Pompidou-Metz (février 2012)

© Pol Emile / SIPA

Deux ans après son ouverture, le fonctionnement du Centre Pompidou-Metz, sans collections permanentes, est remis en question alors que ce fleuron culturel de la Lorraine accuse un déficit. Une réunion doit aborder ces questions mardi.

La ministre de la Culture Aurélie Filippetti doit rencontrer à ce sujet les dirigeants du musée et de son "grand frère", le Centre Pompidou  de Paris, ainsi qu'avec des élus des collectivités locales, qui participent largement au budget du musée messin.
 
Aurélie Filippetti a récemment déclaré que l'absence de collections permanentes au Centre Pompidou-Metz créait "une certaine déception chez les visiteurs qui viennent dans une période sans expositions temporaires". Soit un demi-désaveu de la stratégie poursuivie par le musée depuis son ouverture en 2010, qui repose sur une dynamique d'expositions temporaires.
 
Le Louvre-Lens, lui, a des collections semi-permanentes
Ce modèle n’a d’ailleurs pas été imité par le Louvre-Lens, autre décentralisation d’un musée national, qui a ouvert en décembre dernier : il a fait, au contraire, le choix d’une collection semi-permanente renouvelée tous les cinq ans à raison de 20% par an.
 
"Il faut bien reconnaître que les résultats ne sont pas à la hauteur des enjeux ni à la hauteur des investissements consentis par les collectivités", a tonné la semaine dernière le président du  conseil régional de Lorraine, Jean-Pierre Masseret (PS). Il a menacé de  réduire, voire supprimer la participation annuelle du conseil régional au budget du Centre Pompidou-Metz si les choses ne bougeaient pas.
 
Doté d'un budget annuel de 11 à 12 millions d'euros, le musée est financé à hauteur de 4,6 millions d'euros par la communauté d'agglomération Metz Métropole et à 4 millions d'euros par le conseil régional, tandis que la ville de Metz met 400.000 euros à disposition et le conseil général 100.000 euros. Le reste doit provenir des ressources propres du musée, via la billetterie, le mécénat, la vente de produits dérivés et l'organisation d'événements privés.
 
Pas assez de recettes
Après avoir attiré 800.000 visiteurs durant les 12 premiers mois d'exploitation, de mai 2010 à mai 2011, le Centre a vu sa fréquentation baisser progressivement : de 550.000 personnes en 2011, la  fréquentation est passée à 475.000 l'an dernier. En mai son directeur, Laurent Le Bon, a estimé qu'une moyenne annuelle autour de 400.000 visiteurs serait "tout à fait élevée pour un centre d'art en région" comme le sien.
 
Cependant le Républicain Lorrain a révélé en juillet que l'établissement a dû puiser 750.000 euros dans ses réserves pour boucler son budget 2012. Interrogé par le même journal, Laurent Le Bon a reconnu que "le niveau des recettes de billetterie a été inférieur à ce que l'on souhaitait", mettant principalement ces difficultés sur le compte de la crise économique.
 
"On reste quand même malgré tout, avec 1.400 entrées par jour, l'un des tout premiers centres d'art de France" a souligné Jean-Luc Bohl (UDI), le président de Metz Métropole, interrogé par l'AFP.
 
Juste un ajustement ?
Jean-Luc Bohl a également minimisé les changements à venir: "Ce sera un  ajustement, pas une révolution ni une punition", a-t-il assuré, précisant que la réunion avec Aurélie Filippetti était prévue "depuis très longtemps".
 
En attendant, le Centre Pompidou-Metz peut déjà compter sur un investissement de 4,6 millions d'euros dans le cadre du pacte Etat-Lorraine signé mardi dernier. Des fonds destinés à améliorer l'accueil du public et l'aménagement de ses espaces d'exposition.
 
Sa prochaine grande exposition temporaire est dédiée à l'artiste américain d'origine berlinoise Hans Richter (1888-1976), qui commence samedi et qui dure jusqu'au 24 février.