La Tate achète une partie des "graines de tournesol" d'Ai Weiwei

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 06/03/2012 à 10H13
"Sunflower Seeds", installation d'Ai Weiwei constituée de millions de graines de tournesol, à la Tate Modern de Londres (octobre 2010)

"Sunflower Seeds", installation d'Ai Weiwei constituée de millions de graines de tournesol, à la Tate Modern de Londres (octobre 2010)

© Leon Neal / AFP

La Tate a acquis une partie des graines de tournesol d’Ai Weiwei. "Sunflower Seeds", œuvre monumentale de l’artiste contestataire chinois, avait été exposé plusieurs mois en 2010 dans les murs de la Tate Modern, un des établissements que regroupe le grand musée londonien

L’installation était constituée d'un immense tapis formé d'une centaine de millions de graines de tournesol en porcelaine, réalisées une à une par des artisans. La Tate avait dû en revanche renoncer au projet de laisser les visiteurs marcher sur ces graines, en raison de la poussière dégagée par la porcelaine.

La Tate en a acheté un peu moins du dixième, a précisé le musée dans un communiqué, sans fournir le montant de cette acquisition.

Ces dix mètres cube de graines peuvent être exposés sous la forme d'une sculpture conique d'un mètre et demi de haut et de cinq mètres de diamètre. Ils ont d'ailleurs été présentés sous cette forme entre juin 2011 et février 2012 à la Tate Modern. Ils peuvent aussi être disposés comme un carré ou un rectangle de dix centimètres d'épaisseur, a précisé la Tate.

Une allusion à la Révolution culturelle
Les graines de tournesol sont un en-cas très apprécié en Chine. Elles constituent aussi une référence à la propagande officielle pendant la  Révolution culturelle qui présentait Mao comme un soleil et les Chinois comme des tournesols tournés vers lui.

Le travail de la porcelaine est une des spécialités de l'artisanat chinois, qui exporte beaucoup de ses réalisations.

Ai Weiwei, artiste dissident a été salué en octobre comme la plus importante personnalité artistique au monde par le magazine britannique spécialisé Art Review. Son arrestation et sa détention au secret pendant 81 jours au printemps 2011 avaient suscité l'indignation internationale.

Libéré sous caution en juin, le plasticien contestataire de 54 ans a retrouvé son atelier mais il est tenu de rester dans la capitale chinoise.

Il expose actuellement des photos au Jeu de Paume, à Paris.