La Pinacothèque de Paris contrainte de fermer ses portes

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 12/02/2016 à 15H59
La Pinacothèque de Paris (octobre 2011)

La Pinacothèque de Paris (octobre 2011)

© Philippe Pauchet / PhotoPQR / La Voix du Nord / MAXPPP

Forte baisse de fréquentation, loyers exorbitants, expositions inégales : la Pinacothèque de Paris, institution privée au positionnement original dans le paysage culturel parisien, est menacée de disparition si son président, Marc Restellini, ne trouve pas rapidement une nouvelle équation financière.

La Pinacothèque, qui avait perdu depuis deux ans 20 à 25% de ses visiteurs, avait été placé en redressement judiciaire à la fin de l'année. Elle interrompt prématurément l'exposition en cours consacrée aux photographes de Karl Lagerfeld, qui fermera ses portes lundi soir.
              
Situé dans le quartier de la Madeleine, ce musée privé "a subi comme tous les musées de Paris une chute impressionnante de visiteurs qui ne permet plus de conserver des sites aussi coûteux", explique son président. Marc Restellini évoque aussi "le climat économique mortifère lié en grande partie aux attentats du 13 novembre"."

Notre objectif est un redéploiement à moyen terme dans des locaux plus supportables économiquement", ajoute-t-il.

Des expositions et des succès inégaux            

Fondée en 2003 par cet historien d'art, atypique dans le milieu muséal, la Pinacothèque était alors installée rue de Paradis dans le 10e arrondissement. Relancée en 2007 après une première fermeture, elle disposait de 2000 m2 de surface d'exposition dans un immeuble place de la Madeleine. Elle a ensuite loué 3000 m2 supplémentaires sur deux niveaux dans un  immeuble voisin pour exposer une collection "permanente", constituée de prêts de collectionneurs privés.

Plusieurs expositions ont connu un grand succès : 450.000 visiteurs pour l'armée chinoise en terre cuite de l'empereur Qin en 2008, 700.000 pour le XVIIe siècle hollandais en 2010, année où il exposait aussi des oeuvres jamais montrées d'Edvard Munch.

"Les musées sont trop souvent des cimetières pour les oeuvres. Moi je veux les faire vivre", disait le patron de la Pinacothèque dont les jugements abrupts et les réussites ont irrité l'establishment muséal. Pour attirer les foules, Marc Restellini a parfois choisi des thèmes aguicheurs, comme "le Kama Sutra" ou les geishas, sans que la qualité artistique soit  toujours au rendez-vous.


Des projets de redéploiement autour de la sculpture et de l'art contemporain

Le patron de la Pinacothèque avait indiqué en novembre que l'exposition "Au temps de Klimt, la  Sécession à Vienne", début 2015, avait attiré près de 400.000 visiteurs. "Mais nous aurions pu en espérer 600.000", avait-il précisé.
 
Parmi les projets à venir, une Pinacothèque de Paris dédiée à l'art contemporain et une autre dédiée à la sculpture et aux Arts Premiers, cite Marc Restellini.
              
Les collections permanentes seront redéployées entre Singapour et les futures Pinacothèques de Paris "que nous ouvrirons prochainement", précise-t-on. La Pinacothèque de Paris a ouvert en mai dernier une antenne à Singapour, dans l'ancien bâtiment de Fort Canning.