La Liberté guidant le peuple du graffeur JonOne inaugurée à l'Assemblée

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 21/01/2015 à 16H50
La Liberté guidant le peuple du graffeur JonOne

La Liberté guidant le peuple du graffeur JonOne

© AFP

Une adaptation de la Liberté guidant le peuple d'Eugène Delacroix par l'artiste graffeur américain JonOne a été inaugurée mercredi à l'Assemblée nationale par son président, le socialiste Claude Bartolone.

L'oeuvre, nommée "Liberté, Égalité, Fraternité", reproduit fidèlement le dessin des deux personnages principaux du tableau de Delacroix, la Liberté et un jeune garçon, mais dans une version riche en couleurs et en courbes entrelacées typique de JonOne, new-yorkais d'origine dominicaine vivant aux Lilas (Seine-Saint-Denis) -comme Claude Bartolone- et auteur notamment d'un portrait de l'abbé Pierre. Le tableau est accroché dans le salon des Mariannes, à proximité de la bibliothèque du Palais Bourbon.

Le désir de Liberté

L'Assemblée abrite déjà de nombreuses oeuvres d'art contemporain, en particulier de Pierre Alechinsky, Vincent Barré, Fabienne Verdier, Walter de Maria ou Jan Moss, qui cohabitent avec les fresques et dorures du XIXe siècle.

"Cette toile a été commandée à l'artiste bien avant les odieux attentats barbares du 7 janvier, et avant la journée du 11 janvier, qui vit l'esprit de la Liberté, le désir de Liberté, prendre d'assaut toutes les rues de France, dans nos villes, dans nos quartiers, partout où battait un coeur de citoyen", a déclaré le président de l'Assemblée.

"La France ne craint rien, ni personne"

Mais, à la lumière de ces événements, a poursuivi ce député PS de Seine-Saint-Denis, cette Liberté nous dit "que la France ne craint rien quand elle est fidèle à l'ardeur du combat social. Elle nous rappelle que la France ne craint rien, ni personne, ni aucune tyrannie quand, comme on le voit ici, elle se retourne pour regarder le peuple, pour y prendre ses ordres, et pour ne jamais reculer".    

Et avec JonOne, a souligné Claude Bartolone, "la rue s'invite au Palais-Bourbon, la rue avec ses techniques, ses moyens d'expression, la rue avec sa beauté. Dans la rue, on veut dire des choses que l'art, ailleurs, ne dit pas encore. Dans la rue, on a froid, alors que dans l'art des salons on a chaud. Dans la rue, il n'y a pas toujours école, alors que dans l'art des salons, il y a des formations et des colloques. Dans la rue, on a soif, alors que dans l'art des salons, il y a des cocktails. Dans la rue, on tombe parfois, on nous bouscule, on trébuche, alors que dans l'art des salons, il y a toujours
un protecteur pour vous relever".
 
L'artiste a "choisi l'image de Marianne tenant le drapeau tricolore qui symbolise pour (lui) la jeunesse, l'avenir, l'espoir" et se voit comme membre d'"une génération qui doit combattre pour une liberté, celle de créer les conditions d'un avenir meilleur, malgré les difficultés que beaucoup de gens traversent, surtout le fléau de la pauvreté".