La Halle Saint-Pierre rend hommage à Chomo, l'artiste-ermite

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 11/11/2009 à 11H18
La Halle Saint-Pierre rend hommage à Chomo, l'artiste-ermite

La Halle Saint-Pierre rend hommage à Chomo, l'artiste-ermite

© Culturebox

A Paris, La Halle Saint-Pierre propose jusqu'au 7 mars 2010 la première rétrospective consacrée à Chomo, artiste hors norme, mort voilà dix ans. Fuyant le marché de l'art et les conventions, il avait choisi de vivre en ermite dans la forêt de Fontainebleau.

La carrière de Roger Chomeaux, dit "Chomo", aurait pu suivre une trajectoire classique : passionné de dessin, de poésie et de modelage, il fera les Beaux-Arts de Valenciennes et de Paris où il gagnera plusieurs prix. Marié, père de trois enfants, il devient décorateur de tapis. Un parcours on ne peut plus classique. Survient la guerre, il est mobilisé, fait prisonnier puis déporté en Pologne. A son retour en France, il exerce plusieurs petits métiers, car il n'arrive pas à faire vivre sa famille en exerçant son art. Pendant l'Occupation, sa femme avait acheté un terrain à Achères la Forêt en pleine forêt de Fontainebleau. C'est là qu'il choisit de vivre seul, dans le dénuement le plus total. Un dénuement qui va donner naissance à son art car Chomo doit trouver sur place les matériaux qui vont servir de base à ses créations. Il explore les sous-bois et les décharges publiques, développe la technique du bois-brûlé, fait fondre le plastique, travaille le grillage. Pour abriter ses créations, il construit des bâtiments. A terme, cela deviendra le Village d'Art Préludien. Les samedis et les dimanches, il accueille les visiteurs. Ceux qui apprécient son art n'ont pas d'autres choix, car Chomo n'exposera qu'une seule fois en 1960 à la galerie Jean Camion à Paris, durant six semaines. Une exposition qui attirera 40 000 visiteurs,  et où l'on pouvait écouter une musique composée par Chomo lui -même (musique que l'on entend dans le reportage). André Breton et les surréalistes salueront cet artiste singulier, un honneur dont il n'aura cure. C'est peut-être ça un "artiste total".