L'électricien de Picasso devant la justice en février prochain

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 04/11/2014 à 19H58
Pierre Le Guennec, électricien à la retraite qui affirme que Picasso lui a donné 271 oeuvres (ici en 2010)

Pierre Le Guennec, électricien à la retraite qui affirme que Picasso lui a donné 271 oeuvres (ici en 2010)

© Bruno Bebert / SIPA

L'ancien électricien et sa femme, qui conservaient 271 œuvres inédites de Picasso dans leur maison du sud-est de la France, comparaîtront pour recel le 10 février devant le tribunal correctionnel de Grasse, a indiqué mardi le parquet.

L'affaire avait éclaté en 2010 quand l'électricien, Pierre Le Guennec, s'était rendu auprès des héritiers de Picasso pour obtenir des certificats authentifiant les 271 oeuvres qu'il gardait dans son garage de Mouans-Sartoux (Alpes-Maritimes) depuis près de 40 ans. Elles étaient alors estimées à 60 millions d'euros. Elles comprennent des collages cubistes très recherchés
 
Un cadeau de Picasso, selon l'électricien, poursuivi pour recel
 
Le septuagénaire affirme que ces oeuvres lui ont été données par Picasso et son épouse Jacqueline, alors qu'il effectuait des travaux au mas Notre-Dame-de-Vie à Mougins (Alpes-Maritimes). Les héritiers de Picasso ont porté plainte pour recel. Pour la famille de l'artiste, il semble inimaginable qu'il ait pu se séparer ainsi d'un tel ensemble d'œuvres.
 
"Quand je travaillais chez Picasso, il m'invitait souvent à prendre un gâteau, un café, on parlait de tout et de rien avec le maître", avait raconté  Pierre Le Guennec à l'AFP en 2010. "Un soir que je quittais mon travail, Madame  (Picasso) m'a tendu un petit paquet en disant 'c'est pour vous'. C'étaient les 'œuvres'".
 
"Quand je suis revenu à la maison, j'ai vu des esquisses, des dessins au crayon, je n'y connaissais rien... Si Madame m'avait donné une peinture, là oui ça m'aurait fait drôle !", avait-il expliqué. Le "cadeau" sera remisé au fond du garage.
 
Des incohérences dans le récit des Le Guennec
 
Selon une source judiciaire, les oeuvres en question pourraient avoir disparu durant la "période assez floue" qui a suivi la mort de Picasso, en 1973, entre les inventaires officieux et officiels des travaux de l'artiste.
 
L'enquête contre Pierre Le Guennec et son épouse Danielle a pointé certaines incohérences. Elle s'est notamment penchée sur le très bon état de conservation des oeuvres, sans traces d'humidité ou de moisissure, après quatre décennies dans un garage.
 
Elle a en outre été étendue à un ancien chauffeur qui aurait aussi  bénéficié des largesses du peintre : Maurice Bresnu, surnommé "Nounours" par Picasso et décédé en 1991. Il se trouve que Pierre Le Guennec est le cousin germain de l'épouse de Bresnu et à ce titre l'un des héritiers de "Nounours".
 
Les 271 oeuvres de Picasso des années 1900 à 1932 (collages, dessins et  carnets, mais pas de peintures) ont été saisies dans l'attente d'une décision  de justice.