L'aventure des Stein : chasseurs de trésors artistiques et amis des peintres.

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 06/12/2011 à 11H59
  • Henri Matisse: La femme au chapeau. 1905 . San Francisco Museum
  • Femme dans un fauteuil ( madame Cézanne à l' éventail) 1888
  • Portrait gertrude Stein . Picasso. 1906.
  • Femme au kimono . Henri Matisse.
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  • Henri Matisse: La femme au chapeau. 1905 . San Francisco Museum
     Cette femme au visage verdâtre et au nez jaune est le premier achat significatif de Léo et Gertrude Stein . http://www.grandpalais.fr/fr/Le-monument/L-edifice/p-130-Les-Galeries-na... http://www.sfmoma.org/visit © DR
  • Femme dans un fauteuil ( madame Cézanne à l' éventail) 1888
    Madame Cézanne pose dans un fauteuil , le regard droit ,la geométrisation des lignes , le vieux rose du fauteuil et le gris bleu de la robe : tout cela on le retrouve dans l' oeuvre d Picasso . © DR
  • Portrait gertrude Stein . Picasso. 1906.
    Picasso a inversé la position des mains mais le tableau est fortement inspiré de celui de Cézanne " Femme dans un fauteuil " . La bouche sculptée et l' arcade soucilière très prononcée annonce "les demoiselles d' Avignon" . © DR
  • Femme au kimono . Henri Matisse.
    Le tableau est composé d' un ensemble de petites tâches de couleurs , ce sont elles qui forment la composition et suggèrent l' aspect japonisant de l' oeuvre. Matisse , peintre fauve , a toujours essayé de résoudre " l 'éternel conflit du dessin et de la couleur". © DR

La famille Stein , quatre américains ivres de peinture , admirateurs de Renoir et Cézanne et amis de Matisse et Picasso : Histoire d' une collection et parcours de vie d' une famille hors norme devenue une famille en or.

Au début du XX siècle Leo, Gertrude,  Michael et Sarah  Stein vont être les moteurs de l’avant-garde artistique  et les amis des peintres qui deviendront les plus célèbres de leur siècle : Matisse, Picasso, mais aussi Masson, Juan Gris, Picabia sans oublier leur passion pour  le père de la peinture moderne : Cézanne. La a collection compte également des Renoir, Manet, Degas, Toulouse Lautrec : Tous les piliers de l’art moderne sont là. .Dans  Les appartements parisiens des Stein  rue Fleurus pour les uns  et rue Madame pour les autres, les tableaux s’entassaient dans une ambiance bohème. Tous les samedi un  public nombreux  se pressait pour venir admirer et acheter, tandis que les peintres se comparaient et se surveillaient. On pouvait aussi y croiser aussi de nombreux écrivains dont Apollinaire et  Max Jacob. 

 Le Grand Palais a choisi  jusqu’ au 16 janvier 2012 de nous raconter l’aventure des Stein : une formidable histoire d’ouverture  d’esprit, d’intelligence,  d’œil et de cœur. Le parti pris et simple : la chronologie des acquisitions. Les Stein sont américains mais pas milliardaires. Leo s’installe en France des 1902, après un court séjour en Italie. En 1905, un tableau  très coloré de Matisse fait scandale au salon d’Automne : « Femme au chapeau ». Leo et sa sœur Gertrude l’  achète.et. c’est le début d’une des plus belle collection d’art  au monde.

 Michael Stein et sa femme Sarah forme l’autre couple de la famille. Eux aussi viennent s’installer à Paris et. Sarah deviendra fanatique de l’œuvre de Matisse qu’elle dynamisera et aiguillonnera. C’est elle qui incitera Matisse à ouvrir une académie et le fera connaître aux Etats-Unis.

Matisse:La rupture.

 Mais entre les deux guerres c’est  Gertrude, écrivaine obscure  au  caractère fort et femme libre qui prend le plus d’importance .Elle se lie d’amitiés avec Picasso. Elle le considérait comme « un génie d’une envergure considérable » et  le défendra bec et ongle, y  compris dans sa période cubiste. La famille ira même jusqu’ à se diviser entre pro Matisse et pro Picasso...L 'homosexualité de gertrude accroissera la division.

 En 1906 Picasso réalise, dans la lignée de Cézanne,  un portrait saisissant de Gertrude dont le visage évoque déjà les demoiselles d’Avignon. Le Grand Palais expose  les deux oeuvres côte à côte : «  la femme de l' artiste dans un fauteuil »  de Cézanne et «  le portrait de Gertrude Stein » par  Picasso, un moment  ne pas rater.

Dans toutes les allées de cette exposition simple et claire, on peut admirer les merveilles de la bande des quatre Stein : des Picasso sobres  comme «  la femme au fichu » « où le meneur de chevaux » , des petits paysages fauves  de Matisse : régal de couleurs  que l’ on peut rarement observer. Pour cela il a fallu précise Cécile Debray, commissaire de l’exposition « que trois institutions majeures se regroupent : Le musée d’art moderne de San Francisco, le Metropolitan Museum  de New York  et le musée national  d’Art moderne de Paris. 

Autre preuve d’ouverture d’esprit des Stein : En 1926 Sarah et  Michel  commande à Le Corbusier une villa à Vaucresson : «  villa de Monzie ».

Face à la  montée des fascismes en Europe, Michael et Sarah quittent la France en  1935 ; Gertrude meurt à Paris en 1946. .   

Les  Stein :une famille hors norme devenue une famille en or , des mécènes, des chasseurs de génies . Oubliez la dernière salle intitulée «  hommages » mais n’oubliez pas d’y aller car cette exposition « Matisse, Cézanne, Picasso » est un  événement ; un plaisir pour l’œil, et l' esprit.